Adieu partner, tu auras fait rêver la France, moi un peu moins.

05/09/2020 Non Par cborne

J’évoquais dans l’épisode précédent la normalité de ma rentrée, je vais vous prouver à quel point nous vivons dans la normalité. Je dois reconnaître que les sept heures de cours de jeudi, je les ai senties passer. Le masque, le masque, le masque et bien sûr le masque sont au centre de nos préoccupations. Mets ton masque, sur le nez le masque, sur le nez, du gel, mets du gel, et ainsi de suite comme c’était prévu. Parfois de ma voix puissante on m’entend crier à travers la cours de récréation « LE MASQUE » en montrant du doigt un enfant, ce qui a pour effet de faire remettre le masque correctement à tout le monde.

Je suis toujours en phase de test et après avoir vanté les mérites par le calcul des masques en tissu par rapport aux masques jetables, j’en viens à retourner ma veste … en tissu. J’avais en effet à cette époque, dimanche dernier, omis un aspect assez fondamental du masque, le confort. Le masque en tissu l’épaisseur fait crever, ça se gorge d’eau, on finit noyé dans sa bave. L’écologie ne gagnera pas sur ce coup. 8 balles les 50 masques sur le marché, bien évidemment on se doute que c’est fabriqué par des enfants chinois. Comme le Canada Dry ça ressemble à un masque chirurgical, tout est fait sur la boîte pour te faire croire que c’est chirurgical sauf que c’est noté en clair pour dire que ça ne protège. Bon ça protège ce que ça protège, le principal c’est que c’est plus léger et que j’ai moins l’impression de mourir.

J’écrivais donc dans le précédent billet, tout cette normalité dans ma vie, la banalité. Je vous expliquais que je me retrouvais sans salle informatique, on peut faire encore mieux, sans salle informatique et sans internet. Mes collègues m’appellent en cours, normal, les élèves commencent à s’habituer alors qu’ils ne me connaissent pas de me voir répondre au téléphone, pas d’internet dans le bahut. Après enquête, il apparaît que quelqu’un de la mairie en faisant une opération de nettoyage aurait coupé un câble. Je me retrouve donc le vendredi matin à faire un cours d’informatique avec un partage de ma 4G, de celles de certains élèves depuis les téléphones, et dans l’ensemble ça fonctionne plutôt bien. Amusant tout de même de voir que ce téléphone tellement diabolisé par Jean-Michel, lorsqu’il est apprivoisé permet d’être un outil de travail puissant et ce n’est qu’un début.

J’ai envoyé un bon d’achat pour les familles afin d’acheter la calculatrice Numworks. Une maman me dit qu’elle ne sait pas quand son fils va revenir et me demande de lui mettre une machine de côté. Je demande donc ce qu’a son gamin. Elle vient d’être testée positive au COVID, son fils pour l’instant n’a rien mais doit se faire casser les narines lundi. Et c’est ici que ça commence à devenir tendu puisqu’elle me demande le cours et les exercices. J’ai créé un compte Teams au gamin, nous avons fait ce matin un essai, je ferai donc visio en même temps que je fais cours, de façon à ce qu’il puisse suivre normalement. Il a bien évidemment installé Teams sur son smartphone.

Venons-en au vif du sujet, car je sais que vous trépignez d’impatience. Nous sommes vendredi matin, un vendredi, et forcément comme c’est vendredi il doit m’arriver quelque chose. Je sors de l’autoroute à vive allure comme toujours, et la voiture ne tourne pas dans le virage … Bien sûr le temps que ça monte au cerveau il faut un certain temps, mais ça finit quand même à monter quand on voit le décor arriver rapidement. La voiture finit par tourner, je finis par arriver sur le parking du lycée. Un collègue me regarde en train de faire des tours comme un con, je lui réponds que je ne suis pas devenu fou mais que j’ai perdu la direction assistée … 205 inside. Comme d’habitude, j’appelle mon beau-père parce que je sens que c’est du lourd et l’informe qu’il faudra certainement venir me chercher. J’ai un collègue qui fait partie de ces hommes talentueux qui savent tout faire, il est d’ailleurs Linuxien sous Debian et se débrouille avec talent en mécanique. Il me dit qu’il ira jeter un coup d’œil parce qu’il a un trou de deux heures.

Le verdict est simple, une poulie de la direction assistée a cassé si bien que la direction assistée ne fonctionne plus mais pour une raison qui m’échappe et j’irai me renseigner, le système de refroidissement non plus. Coup de chance, le mercredi je finis à midi, mon beau-père vient me récupérer, j’amène tant bien que mal la voiture au garage, la poulie et la courroie à la main pour le plus grand bonheur de mes garagistes qui à chaque fois que j’arrive sont toujours étonnés par ce que je suis capable de faire. La secrétaire qui ne manque pas d’humour me dit que c’est bien pour moi, comme ça je vais me faire les bras. Nous partons donc en direction de Lézignan où vit mon beau-père parce qu’il faut bien le ramener chez lui, il me laisse les clés de la voiture et je récupère au lycée ma fille et son « copain » à Narbonne qui vit à 200 mètres de chez nous. J’insiste bien sur les guillemets. C’est un gamin que j’aime bien, il est inoffensif et c’est certainement le gosse le plus paumé de France. Il est magnifique tellement il est perdu. Ma fille qui n’est pas dans sa classe est forcée de demander à ses camarades ce qu’il faut acheter comme affaires scolaires, tellement il est à la ramasse. Il n’est au courant de rien. Les parents forcément sont ravis, ça fait quatre ans que ça dure, ils veulent les marier pour être sûr que quelqu’un s’occupe de lui, je suis personnellement moins jouasse. Quand j’écrivais :

Je me prépare donc à passer un week-end à courir pour aller chercher des cahiers au format A12 avec une partie plastifiée pour la première page et une page de couleur toutes les sept pages dans un magasin bondé

Cyrille BORNE, Philosophe le vendredi

Je n’étais pas loin de la réalité. Voici ce qu’on a pu trouver dans les fournitures scolaires.

Des palmes ! En 2020 le jeune va à la piscine et il a besoin de palmes ! En 1990 on avait juste besoin d’un moule-bite comme Alain Juppé. Je me demande sérieusement où va la France.

Je dois vous reconnaître que la panne de la poulie m’a pris un peu par surprise. Après avoir réparé dans l’année le capteur de régime, après avoir répandu du liquide de refroidissement comme j’aurais répandu mon sang sur le sol mais en bleu comme les nobles ou les Schtroumpfs, je me voyais déjà non pas en haut de l’affiche mais avec une paix certaine qui m’emmènerait vers les 300.000 km. J’y ai cru.

Je me suis laissé deux mois pour trouver une voiture. Pourquoi deux mois ? C’est d’une part le temps qu’il me faudra pour arriver à la vidange tranquillement, mais aussi l’arrivée fatidique du contrôle technique. J’ai les plaquettes, les pneus avant, la vidange à faire, une histoire qui m’aurait certainement coûté la bagatelle de 400 à 500 €. Je me suis lancé dans le bon coin, à corps perdu. Je vous invite à regarder cette excellente vidéo sur le guide d’achat de la voiture :

Cette vidéo extrêmement bien faite vous filera certainement des frissons, de la fièvre, une bonne partie des symptômes du COVID. C’est pour cela que pour ma part, je fais une recherche uniquement sur les garages, même si c’est plus cher. Cela fait un moment que je n’avais pas acheté de voiture, 4 ans pour être exact, la C1 de ma femme. Les choses ont l’air d’avoir franchement évolué, et pas dans le bon sens. J’avais déjà dû l’écrire il y a quelques temps mais je n’ai pas la patience de le chercher donc je vais l’écrire à nouveau, il y a 11 ans lorsque j’avais payé le Partner̈, j’avais mis 10.000 € pour acheter une voiture à 27.000 km avec 3 ans d’âge. À cette époque on nous disait qu’on avait payé cher, on était quand même content de notre achat.

10 ans plus tard, l’électronique est passée par là, et il apparaît que l’utilitaire n’est plus une voiture de pauvre, ou qu’il est classé en fait en deux catégories ce qui n’existait pas avant. Les gens qui ne sont pas si stupides se sont rendu compte que quand tu veux partir en vacances, avec un partner ou un kangoo tu prends les gosses, le chien, le poney et tu peux rajouter encore quelques bricoles dans la voiture. L’utilitaire pour répondre malheureusement à une demande de conducteurs bourgeois qui aiment le confort car ils n’aiment pas la sensation de rouler sur l’essieu a subi un large schisme, l’utilitaire véridique à deux ou trois places pour les entrepreneurs, l’utilitaire des familles avec son confort de merde. Dès lors, on trouve des modèles de Partner à plus de 25000 € si bien que l’occasion s’en ressent largement. À 10.000 € aujourd’hui, vous avez une voiture de 5 à 6 ans avec 100.000 km. Alors avant de m’envoyer des courriers à la con pour me dire que vous avez déniché la perle rare, je me permets juste de vous dire que c’est en ce moment, et dans le sud, la temporalité et la géographie jouant beaucoup.

J’ai donc fait une affaire médiocre qui nous permettra certainement de vivre de nouvelles aventures.

Il s’agit d’un Némo de 2012 ce qui en fait une vieille voiture de 9 ans. C’est 5 ans de gagné par rapport au Partner. 60.000 km au compteur, c’est 160.000 km de gagné par rapport au Partner, je me fixe cette fois-ci un objectif de 5 à 6 ans pour le finir. Un cheval de moins par rapport au partner, 75 chevaux, j’espère réussir à doubler les tracteurs. Le tarif n’est pas non plus attractif à 8000 €, mais avec une reprise du partner, et la carte grise, l’opération se ramène à 7000 € ce qui me permet de m’en sortir sans me ruiner avec une voiture. L’entretien est réalisé, il s’agit d’une chaîne et pas d’une courroie, peu d’électronique à l’intérieur, c’est donc une voiture qui me convient.

Sans se ruiner c’est bien sûr un bien grand mot, nous attendrons tous ensembles la première panne et nous rirons à gorges déployées derrières nos masques quand je me prendrai une réparation à 1500 €. Comme dirait le Docteur Dre, on se retrouve in the next épisode. Bon dimanche à tous, sous vos applaudissements.