À petits pas

15/12/2018 Non Par cborne

Une semaine que je n’ai pas écrit, c’est comme d’habitude une fin de période. En ce moment au lycée c’est examen blanc, préparation des festivités de Noël, conseils de classe où j’arrive à la maison à 20 heures. Le temps de rien, survivre en quelque-sorte. Les gens sont ulcérés, la crise des gilets jaunes, le froid qui revient, tous les prétextes sont bons pour péter les plombs.

Je suis l’actualité, les choses se tassent un peu même si on a quand même l’impression qu’il y aura un avant et un après. Comme les plus de 20 millions de français, j’ai écouté le président Macron, et certainement comme les 20 millions de français, pas tant que ça d’ailleurs pour une crise sans équivalent en France, je me suis demandé comment on allait réussir à s’en sortir, pas demain, mais après-demain.

Un enfant découvrant de l’argent magique du président Macron

Je pense que l’allocution du président permet de mettre exactement le doigt sur le problème. Quelle que soit la promesse, à tous les coups le gars il perd. La réflexion que faisait Kassovitz à Poutou en demandant s’il voulait une Mercedes neuve, est une provocation qui résume la situation, quelle que soit la proposition, elle ne sera jamais bonne. J’écoutais BFM par la suite, je sais, c’est mal, et à chaud on interviewait des gilets jaunes qui expliquaient qu’ils tiendraient le rond point. L’une d’elle explique qu’elle ne comprend pas comment on va sortir les 10 milliards et qu’à terme ce sont les contribuables qui vont finir par payer.

Moralité, entre ceux qui sont là pour l’ambiance, entre ceux qui ont conscience qu’à tous les coups on perd mais qui vont quand même tuer l’économie du pays pour perdre encore plus, le président aurait pu raconter n’importe quoi, rien ne passe. Et c’est pourtant dommage car c’est pendant que le mouvement s’épuise, pendant qu’on commence à compter les morts, pendant qu’on est dans la dégradation, pendant que le mouvement perd son image, est en train de sortir la seule véritable proposition qui mettra tout le monde d’accord ou presque : le référendum d’initiative citoyenne.

C’est un peu ce que j’écrivais la dernière fois quand on évoquait que nos députés étaient incompétents en informatique. Si nos politiques avaient les solutions pour sauver la France, ça ferait un moment qu’on aurait résolu beaucoup des problèmes que nous rencontrons actuellement. La plainte générale qui consiste à dire que nos politiques sont trop éloignés du peuple peut s’entendre, quand Macron explique que les entreprises vont devoir faire un effort pour offrir une prime défiscalisée, on se dit que l’homme n’a pas dû regarder l’actualité. Ils seront beaucoup à ne pas se relever de cette crise, on pourra s’estimer heureux s’il n’y a pas de licenciements. Pendant ce temps-là tout va bien pour les entreprises riches qui continuent de brasser des milliards, Amazon qui doit se frotter les mains de cette crise, le vrai père Noël de 2018 c’est lui, et qui continuera à payer un peu d’impôts mais pas trop.

Par le fait si nos représentants politiques sont élus par défaut, par dépit, ou qu’on vote contre et pas pour, comment réussir à faire passer son message, son opinion, car chacun d’entre nous a certainement une bonne idée qui pourrait sauver le monde. Il n’y a aucun moyen de réussir à proposer son projet à l’ensemble des Français à moins de s’engager politiquement.

Un amateur de Pierre Bachelet

Sur le papier on imagine cette situation parfaite, une loi issue du peuple et qui pourrait être votée en temps réel par l’ensemble des gens qui peuvent voter. Une espèce de circuit court de la politique à grande échelle, notamment lorsqu’on sait qu’on peut avec les moyens actuels faire un vote de masse, je suis sûr que Google ou Facebook ont les moyens technologiques de le mettre en place.

Plaisanterie mise à part, prenons un cas que nous connaissons bien. Nous savons pertinemment que nous jetons un pognon de dingue en l’air en licence Microsoft, que nous renouvelons des parcs informatiques complets pour réussir à faire tourner Windows 10 qui vous traque même quand vous lui dites non, que nous pourrions réaliser des millions d’euros d’économies chaque année avec le réemploi, créer de l’emploi, le tout en favorisant le logiciel libre.

Je pourrais donc pousser cette idée, mais ce ne serait pas si simple. Si je suis convaincu par ce propos, je suis persuadé que mes camarades chasseurs ont des tas de propositions à faire, comme les vegans, comme les cyclistes comme tant d’autres personnes. Des millions de lois qui seraient noyées dans la masse, des lobbies qui bougeraient les lignes, des manipulations, la dictature de l’émotion comme l’évoquait un député, où un sujet sensible arriverait sur le devant de la scène et l’opinion s’en emparerait de façon sentimentale sans le recul ou les compétences nécessaires pour prendre la décision adéquate.

Le système démocratique tel qu’on le connaît ne fonctionne plus, j’aime beaucoup cet article sur le complotisme, si on faisait de nouvelles élections la majorité actuelle serait balayée, pour se retrouver avec de nouveaux dirigeants qui seront aussi décevants que les précédents. La VI° république avec une place plus importante pour le peuple, en ne donnant plus simplement les clés à des élus serait certainement un plus ou un moins. À chaque fois qu’on voit Trump à la télé, on se rappelle des errements de l’affaire Cambridge Analytica, on se dit qu’il faut impérativement que les technologies soient maîtrisées, mais ce n’est pas suffisant.

Tout ceci ne peut pas se faire sans technologie, sans les médias, sans information, tout ceci étant inutile si l’individu que vous avez en face de vous refuse de s’instruire, de s’informer. Je l’ai écrit dans mon précédent billet, j’ai vu d’ailleurs que Denis avait écrit un article sur les sites de démystification des fake news, on ne pourra rien faire sans tous les partenaires, mais on ne pourra rien faire sans la bonne volonté des gens qui préfèrent mieux croire la rumeur que de s’informer.

Quand on voit qu’en ce moment Google est interpellé par ses propres technologies et qu’il met un frein à la commercialisation de la reconnaissance faciale, on comprend que la situation est complexe. Des sociétés qui visent le profit mais qui arrivent à se faire peur elles-mêmes, des états dépassés, des concitoyens idiots, ce qui pourrait sembler comme idéal sur le papier, risquerait d’être une catastrophe de plus.

Il faudra que les politiques reprennent le pouvoir face aux grandes sociétés, il faudra que les concitoyens reprennent le pouvoir en s’impliquant dans la politique, ceci ne pourra se faire sans information, encore faut-il avoir une volonté de s’informer et une information de qualité. Comprenez que lorsque la principale chaîne d’information française diffuse I Shot The Sheriff après la mort d’un terroriste, on peut se dire que la route est franchement longue.

N’étant pas voyante, je ne sais pas du tout comment les choses vont se passer, où on va, je me fais du souci pour mon avenir, celui de nos enfants. C’est cliché de dire ça, mais il n’y a pas de lumière au bout du tunnel, en tout cas je suis incapable de la voir. Quand je vois la bêtise de nos jeunes, la course au consumérisme, je crois que ce coup-ci c’est la bonne, on va tous mourir.

Comme à l’heure actuelle on ne va pas pouvoir sauver le monde avec de la démocratie participative, j’essaie de faire le mieux possible à mon échelle, faire de la façon la plus correcte mon travail, être un bon père de famille, essayer de progresser et de faire des efforts dans ma façon de vivre pour mieux manger, moins polluer, même si je roule en diesel.

Au dernier épisode je vous racontais que j’étais content parce que j’avais fait un poste avec le logiciel user profile Wizard et qu’il était sorti du domaine sans encombre. C’était un poste test, un poste que je pouvais sortir de production, comme je suis un peu foufou j’ai passé quatre postes sur cinq dans la semaine. Je me suis fait une frayeur, et je pense que c’est sur la commande suivante :

net user Administrateur *

Cette commande comme je vous l’expliquais dans le précédent billet sert à activer l’administrateur caché de Windows 10. La faute à pas de chance, je me suis retrouvé sur un poste où le profil n’apparaissait pas. J’ai doublé la commande en faisant du :

net user administrateur *

En passant intégralement en minuscule cela a fonctionné. Sur d’autres postes, paranoïa oblige, les profils avaient l’impossibilité d’installer des logiciels. Cela fait partie des choses que je peux comprendre, mais je pars du principe qu’une secrétaire, une surveillante, un CPE, un directeur ou qui que ce soit qui ne soit pas un prof et qui a un poste fixe, est suffisamment professionnel pour ne pas prendre le risque d’installer un logiciel par lui-même. Vous noterez que je ne rajoute pas les profs qui restent une race à part. Pour passer le problème, il faut lancer gpedit.msc. et de mémoire le chemin à suivre c’est configuration utilisateur > modèles d’administration
composants Windows > Windows installer. Il est alors possible de bypasser l’installation.

Il me reste un dernier poste que je vais faire mardi, j’aurai donc fait l’économie d’une journée de travail d’un technicien et pu m’adapter au rythme de mes collègues, je l’ai fait sur le temps de leur pause repas pour qu’ils puissent avancer. À partir de ce moment là je vais pouvoir virer tous les profils qui ne sont pas itinérants, refaire une passe avec chaque membre du personnel pour bien positionner les sauvegardes dans le onedrive.

J’avance à petits pas, en me fixant de petits objectifs, histoire de ne pas me noyer dans la masse de travail, même si en écrivant ces quelques mots je réalise que je me disperse ces derniers jours et qu’il va falloir que je me fasse aider ou que je temporise à la Debian : quand je serai prêt. Je me suis lancé en ce moment dans la mise en place du Booked Scheduled pour la réservation des salles, je vais demander aux collègues de m’aider à remplir les emplois du temps. Je suis sollicité par mes collègues pour des vidéos sur la fin d’année, des achats de matériel, mais je ne suis pour l’instant pas débordé.

Il est apparu une saturation de la plage DHCP, je suis allé mener l’enquête un peu par hasard. C’est toujours sur le même principe, je considère que la société qui a été prestataire jusqu’à maintenant a fait un travail dégueulasse et peu rigoureux. Nous avons un DHCP qui va de 125 à 190, soit 65 places de libre. Il apparaît un bail de huit heures ce qui est discutable, puisque le prof mange et ne va pas avoir son ordinateur allumé pendant huit heures à la chaîne. Je viens de réduire à 4 heures ce qui correspond à une demi-journée, cela me semble plus cohérent.

La réduction à si peu d’adresses m’interpelle, mais à la rigueur passons, j’ai interpellé le prestataire pour lui demander pourquoi lorsqu’ils ont installé deux switchs en 2017, ils les ont collés en plein dans la plage DHCP. La situation est assez délicate, j’ai essayé de faire le message le plus poli possible sachant que mes relations avec le prestataire sont tendues. Ce n’est pas la première fois que je suis interpellé par leur travail et c’est ici qu’on touche un problème de fond. Parce que la société est estampillée prestataire de service en informatique, parce que les gens qui ont posé le matériel sont diplômés, ont de l’expérience, on en vient à se remettre en questions, à accepter l’idée qu’on est dans l’erreur, et pourtant quelque chose me fait dire que j’ai raison. La difficulté c’est que je pourrai le tenter en changeant l’adresse IP du switch en le mettant dans la plage IP qui va bien à la suite des autres switchs. Malheureusement si pour une raison ou pour une autre en enregistrant la configuration quelque chose d’autre bouge ailleurs comme j’ai déjà pu le subir avec des bornes Wifi, je me retrouve avec trois bâtiments coupés d’internet, il faudra que je demande au prestataire. Lundi je reçois une entreprise du coin, je pense qu’il s’agit d’un prestataire de confiance, j’espère qu’elle sera l’entreprise support qui me permettra d’avancer, me laissera faire n’importe quoi et jouera le filet de sécurité si nécessaire.

A chaque jour suffit sa peine, je pense que je vais avoir un problème moteur avec le Partner ou c’est qu’il commence à faire froid. Je me suis retrouvé avec des soubresauts sur l’autoroute, la sensation que la voiture saute ou qu’elle va caler à 130 sur l’autoroute met franchement en confiance. Je suis lassé. Je me doute que ma proximité avec l’autoroute et le fait de me retrouver à 130 en moins de 5 minutes n’est certainement pas anodin pour une voiture un peu capricieuse et vieillissante. Jeudi après sept heures de cours je vais pouvoir me faire la réunion parents professeurs de mon fils, il faudra que j’arrive à sortir de l’autoroute, avec un peu de chance ça passera du côté de l’A9.

Il devient désormais urgent d’arriver en vacances, de faire une pause, qui s’impose.