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La prochaine révolution sera pas télévisée, on y diffuse des sitcoms de chez AB

juin 13, 2021 - Temps de lecture: 17 minutes

Je voudrais commencer ce billet par cette photo, parce que je pense que quand tu montres ça, tu vois rapidement où je veux en venir.

Si vous êtes un grand fan de mes aventures, vous savez que mercredi il y a dix jours j'ai manqué me tuer en roulant sur une flaque d'essence qui m'a permis de payer 425 € au garagiste de Gruissan en changeant la jante, les deux pneus avant et en bonus des plaquettes qui n'auront fait que 15000. Mercredi dernier je devais amener mon grand à la banque, car si vous avez bien suivi il devrait être en CDI dès le mois de septembre si bien qu'il a désormais besoin de la carte bleue et du chéquier. D'un naturel que je qualifierai de prudent je fais de façon très étonnante le tour de la voiture pour me rendre compte que le pneu côté conducteur est fatigué. Je vois sur le côté la vis à l'intérieur, je suis ravi. J'appelle mon garagiste qui me dit que si le pneu est bien dégonflé et que je roule avec, en 100 mètres il est mort. Je ne prends pas le risque et je démonte la roue. Il y a quelques années alors que je vivais à Olargues, une aventure similaire s'était produite avec la clio, j'avais fait deux pneus. Je vivais dans un hameau complètement perdu et c'est il y a dix ans maintenant que j'ai pris conscience que le matériel de base qu'on te met pour démonter une roue, soit tu t'appelles l'incroyable Hulk, soit tu n'y arrives pas. J'avais fait le tour des maisons, un gentil monsieur m'avait donné une barre de fer supplémentaire pour pouvoir faire levier, car comme dirait Archimède, file-moi une barre de fer et je soulèverai le monde. Beaucoup plus pratique, la clé télescopique, indispensable dans la voiture.

Dans les différents problèmes que nous rencontrons actuellement, la canicule, il fait une chaleur terrible et comme dirait Sinik, j'ai plus 20 ans. Je finis par démonter ma roue, je découvre grâce à Google comment récupérer la roue dans le Némo, je n'ai jamais eu à le faire avec le Partner qui se contentait de suinter dignement par tous les trous. J'arrive chez le garage, une mèche, une heure trente de perdue et me voici à la maison.

Donc mon grand est en CDI, c'est tout le mal que je lui souhaite, il a tout de même sa place en BTS. Je me dois de vous expliquer un peu ce que j'ai vécu en tant que parent avec Parcoursup. Mon fils a passé trois ans de BAC PRO à ne rien foutre. Au moment où j'écris ces lignes il doit réviser son BAC, il ne fait rien, il se considère en vacances sachant qu'il commence avec un CDD au premier juillet, il juge que c'est légitime de ne rien foutre avant le BAC. On pourrait se dire qu'avec le tour de passe-passe qui consiste sur quatre épreuves à prendre les deux meilleures pour ensuite appliquer les coefficients dans les autres matières, le COVID, le fait d'avoir trouvé du boulot, d'avoir le BAC avant de le passer, il n'y a rien de stimulant, mais c'est une nature, c'est beaucoup plus profond que ça. Mon fils en troisième avait 14 de moyenne, par contre au collège on était derrière, la prison. Contrôle des devoirs, sanctions si c'est pas fait, obligation de résultats. À la fin de la troisième, comme tout gamin qui se respecte, je pars en seconde générale, je fais un BAC STI2D, et je travaille dans l'informatique alors que je n'ai jamais tapé une ligne de code de ma vie mais je joue beaucoup aux jeux vidéos. Rires dans la salle, ambiance briseurs de rêves, voici la liste des BAC PRO du lycée à Narbonne, tu choisis. Il a pris donc le MELEC, qui est le BAC électricité et ça lui a certainement sauvé la vie. En EGT mon fils se serait fait massacrer, en BTS, il se serait fait aussi massacrer. On n'attend pas de gratitude de sa part, mais il reconnaît qu'effectivement, c'était bien d'avoir des parents briseurs de rêve, et qu'on lui a évité le mur, quelques explications pour les non-initiés. 

À la fin d'une classe de troisième, un gosse qui finit avec 14 de moyenne, ce n'est pas assez pour une poursuite en filière générale. Pour un enfant qui se projette vers du général et donc qui va vouloir embrayer sur du général pur et dur, pas un BAC Techno, c'est 18 de moyenne. La moyenne page de présentation, DM fait par les parents, notes de participation, les notes de collège ne veulent plus rien dire. J'ai pour ma part cessé de participer à cette farce, mes moyennes s'en ressentent avec un large plongeon mais qui sera cohérent avec les notes obtenues au DNB.

Un enfant qui part en seconde générale doit avoir trois choses : des notes exceptionnelles, avoir faim au point de passer des heures derrière un bureau à étudier, savoir ce qu'il va faire à la sortie de la terminale. Car ici on ne va pas se mentir, il y a 30 ans, tu avais ton BAC C c'était pour les gens normaux la FAC de sciences ou maths sup, pour certains des BTS ou des IUT un peu particuliers, pour les illuminés, ils pouvaient même envisager la FAC de lettres. Le BAC C était le sésame aujourd'hui c'est beaucoup moins vrai.

des élèves sur le chemin de parcoursup

Car ce qu'il faut comprendre ici c'est qu'avec une volonté de 95% de réussite aux examens du BAC, il ne peut pas y avoir de places illimitées dans l'enseignement supérieur. À mon époque, avec un BAC médiocre j'ai pu obtenir ma place sans problème à la FAC comme tout le monde, les meilleurs partaient en sup. Alors que j'ai réussi à avoir une maîtrise de sciences physiques, en 2021 je n'aurais pas eu ma place en faculté parce que mes notes étaient trop médiocres. C'est donc le problème numéro 1, un BAC général obtenu de façon médiocre aujourd'hui ne sert à rien. Comme indiqué plus haut, on a inscrit mon fils en BTS pour jouer la carte de la sécurité. Le BTS maintenance des systèmes est un BTS dont le recrutement se fait à 45% en BAC PRO, à 45% en BAC Techno, à 10% en BAC générale, c'étaient les chiffres de 2020. Désaffection par les filières générales ou choix pour le recrutement, on se dit que lorsqu'on vient de BAC PRO on a de façon théorique sa place ... à fortiori quand on a 16 de moyenne et qu'on est premier de sa classe depuis 3 ans. Comme je l'ai dit, mon fils n'a rien fait pendant trois ans, mais comme le gars est pas totalement débile, juste en suivant en classe, il n'a pas eu de problème pour s'en sortir. Avec des notes donc plus que satisfaisantes, il s'est retrouvé en dix-huitième position en liste d'attente, même s'il a fini par être pris. L'opacité de l'algorithme de Parcoursup interroge, interroge encore plus quand le premier de sa classe demande une poursuite d'étude logique dans le BTS qui se trouve chez lui et qu'il est en liste d'attente. On peut alors imaginer ce que ça peut donner avec un enfant aux résultats médiocres qui veut partir vers du supérieur très demandé, vétérinaire par exemple, parce que j'aime travailler avec les animaux. 

La filière BAC PRO n'est pas assez exigeante avec les élèves, et je m'en suis rendu compte en tant que parent alors que j'enseigne en professionnel depuis 18 ans. Dans le cas de mon fils, j'ai noté deux problèmes majeurs. Le premier est inhérent à l'enseignement de façon générale, à savoir que sans retour des profs dans le monde de l'entreprise, il est difficile de se tenir à jour des nouvelles normes, des nouvelles façons de faire. Même si pour beaucoup, on a peur d'avoir le MEDEF aux commandes de l'école, il me paraît évident que dans tous les domaines professionnels, un enseignant qui n'a plus travaillé depuis 25 ans va enseigner des choses désuètes aux enfants. Il faudra créer un retour à l'école pour les enseignants, si on veut être sérieux dans la formation des professionnels de demain. Le second point c'est le manque de travail demandé, les élèves de BAC PRO ne sont pas assez sollicités intellectuellement. En fin de terminale mon fils ne sait plus résoudre une équation du premier degré, il savait le faire en classe de troisième. La responsabilité ne vient pas du côté de mon fils qui a fait le travail demandé. Seulement, pour envisager un BTS, des études supérieures, il faut en demander plus, car le supérieur est un autre rythme, un autre niveau d'abstraction, moins les mains dans le cambouis, plus d'utilisation de son cerveau. Ma fille qui est dans la filière de l'enseignement agricole des services est en train de prendre le même chemin et les discussions sont impossibles. Elle envisage de faire une IFSI à la fin de son année de terminale, mais passe des week-ends à ne rien faire. La justification est aisée, elle fait le travail qu'on lui demande, ni plus ni moins, sans réaliser la masse de travail qui est demandée en école d'infirmière. Le cerveau est un muscle, si on ne s'en sert pas, et c'est le cas pour mes enfants, le passage dans l'enseignement supérieur est équivalent à celui de quelqu'un qui aurait fumé, fait du Mac Do pendant trois ans, aucun effort physique et qui se lancerait dans le marathon de Paris.

Mon discours que je lui tiens actuellement et qui est briseur de rêves, c'est que sans travail personnel, sans volonté d'ouverture d'esprit qui consiste à arrêter de ne regarder que toute la merde du monde pour ouvrir un peu ses chakras à d'autres choses, son parcours dans l'enseignement supérieur n'aura pas lieu ou ce sera une étoile filante. Ici le combat a été le même que pour mon fils, plus sérieuse mais avec davantage de difficultés de compréhension, la seconde GT aurait été une véritable boucherie. Si elle échoue dans le supérieur, son diplôme lui permet de travailler dans n'importe quelle maison de retraite et c'est ici que se joue un enjeu qui va nous amener à la révolution dans notre pays. 

Je pousse mon fils vers la sortie de la maison pour qu'il prenne son envol. L'idée n'est pas de le foutre dehors, l'idée c'est qu'il comprenne deux trois bricoles. Je fais partie des gens rares et c'est un compliment que je me fais, des gens qui en ont assez chié dans la vie pour comprendre l'importance des gens, l'importance des choses et ne pas attendre d'avoir perdu un individu ou quelque chose pour réaliser l'importance que ça avait. Mon fils est nourri, logé, blanchi, n'a aucune préoccupation dans ses papiers, mais ça ne l'empêche pas d'être incapable de respecter trois règles de vie dans la maison, dont quelques-unes sur l'hygiène des locaux qui me tiennent particulièrement à cœur. Avec un job à niveau BAC, on part sur un SMIC à 1200 € par mois. Besoin de voiture, besoin de payer l'assurance, la mutuelle, l'essence, un appartement et ce genre de choses. 360 € le studio de 20 mètres carrés sur Narbonne avec une place de parking privative. Pas les moyens de se payer une voiture autre qu'une poubelle, le calcul a été assez rapide, il ne s'en sort pas financièrement. Il a donc fait le calcul alors qu'il pensait pouvoir voler de ses propres ailes, qu'il était bon pour rester chez nous pendant un bon moment, notamment le temps de rembourser l'argent pour la voiture que nous lui prêtons. Pas si mal que ça d'avoir des parents. Il est assez amusant de voir que lorsqu'on commence à s'intéresser à la réalité, que sa grande gueule de douze mètres de long et les certitudes se ferme très rapidement quand on se rend compte qu'on a besoin de ses parents financièrement mais aussi pour toutes les démarches du quotidien. Je l'ai vu spontanément aérer sa chambre et faire des trucs qu'ils n'avaient jamais faits avant alors qu'il n'a même pas été poussé dans le grand bain.

Il faut comprendre que le positionnement de mon fils est un positionnement normal de celui qui a 19 ans. C'est un positionnement normal chez tout jeune qui vit dans le cocon bien douillet parental, il suffit d'effleurer la réalité pour se rendre compte que ce n'est pas si facile. Seulement il y a quand même un problème qui demeure c'est que si tout le monde doit toucher la réalité pour l'accepter, si on ne croit plus les gens sérieux on va se retrouver avec une situation qui va devenir très problématique, celle de la sous-qualification. Nous avons fait un conseil de classe de troisième, 90 % des élèves veulent partir en CAP, que ce soit en formation continue ou en apprentissage. Pour l'apprentissage, depuis le début de l'année on dit que sans signature par les patrons pas d'apprentissage, les élèves ne se bougeant absolument pas finissent par demander des CAP en formation continue parce que curieusement le patron de leurs rêves n'est pas venu frapper à la porte pour proposer un contrat signé. Il y a deux ans, c'était une moitié de classe ou plus qui voulait s'orienter vers un BAC PRO. 

Il est évident que c'est un rejet fort de l'école qui nous est fait, et c'est un message que nous devons entendre car c'est un message qui est doublement inquiétant. Si les enfants ne veulent plus se lancer dans des études supérieures, ou s'ils ne peuvent plus parce qu'ils n'ont pas le niveau, nous nous orientons vers une France sous qualifiée. Déjà qu'on a une pénurie de médecins en France qu'on doit importer de tous les coins du monde, lorsque cette pénurie va taper les ingénieurs, ou quand on arrivera plus à trouver un prof de maths en France, c'est une nation de gens peu qualifiés qui sera aux commandes et c'est inquiétant, y compris pour l'exercice démocratique. Et seulement et c'est ici un problème qu'il est important de soulever, c'est que la plupart du temps ça se fait dans le sens inverse. On parle de pays émergents, de pays qui avaient peu de qualification et qui ont fini par grimper en élevant par le fait leur niveau de vie. Des gens qui n'avaient rien et qui ont un peu plus sont forcément contents. Avec des gosses qui auront connu des pairs de Stan Smith et des Samsung à 1200 balles, lorsqu'ils vont se retrouver avec une paye de 1200 € par mois il va y avoir un problème. Comment se soumettre, comment se priver de ce qu'on a connu, comment accepter que le fruit de notre travail ne nous permet de maintenir le niveau de vie que nos parents nous offraient à la sueur de leur front ou en cramant ce qui restait un peu de capital des grands parents. 

La génération actuelle qui vit dans l'illusion n'acceptera pas de se contenter de peu et vous pouvez me trouver très pessimiste, mais j'ai bien peur qu'ils finiront par le chercher, ce plus qu'ils n'auront plus. Nous avons vu le phénomène des gilets jaunes, ce sont les prémices révolutionnaires du monde qui nous attend demain. Des gens qui n'auront pas voulu faire d'effort, des gens qui n'auront pas voulu suer dans les études, se faire violence et qui ne comprendront pas pourquoi ils gagnent si peu alors que tout leur est dû. N'allez pas croire que je fais une généralisation à tous les enfants, à tous les parcours, les gens qui n'ont pas eu le choix j'en connais et pas qu'un peu, je pourrais vous faire un grand billet sur l'ascenseur social tombé en panne.

Aucune pédagogie ne peut lutter contre la révolte, et si on peut encore parler des gens qui s'enrichissent, des nantis, des grands patrons, lorsqu'on aura pris l'argent du capital pour se payer du capital, car ici le but n'est pas de manger ou de vivre dignement mais bien de consommer, il ne restera plus rien. Celui qui arrivera à faire passer le message qui consiste à dire que lorsqu'on fait le choix d'un petit boulot, la paye en conséquence impose un style de vie en conséquence et qu'il faut l'accepter, n'est pas encore arrivé. Celui qui arrivera et qui arrivera à faire passer le message que le monde capitaliste dans lequel nous vivons où il faut consommer au plus, avoir encore plus de pognon pour encore plus consommer, lui non plus n'est pas arrivé et c'est certainement de lui dont on a besoin. Je ne vois pas d'autre conclusion que de dire qu'on va tous mourir, et que j'espère que je ne serais plus de ce monde pour assister à ça.

Nous nous quittons bien sûr la chanson de Shurik'n, esprit anesthésié qui disait, la prochaine révolution sera pas télévisée, on y passe des sitcoms de chez AB.


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Jouer autrement

juin 3, 2021 - Temps de lecture: 14 minutes

J'avais écrit dans un billet que ma façon de jouer avait évolué, principalement en fonction de quelques critères : 

  • Mon temps à consacrer au jeu vidéo ne peut pas être illimité quand on connaît ma vie si simple où même rentrer chez soi finit dans l'étang ou presque. 
  • La demande d'engagement des jeux me paraît trop importante pour une expérience qui apparaît comme trop répétitive. C'est le reproche que je fais aux AAA. 50 heures dans un jeu, c'est trop. Faire un jeu de quelques heures si l'aventure est bonne, j'ai envie de dire pourquoi pas.
  • Je trouve que les concepts des jeux vidéos ne se renouvellent pas, tout n'est que course à la technique sans tenir compte du plaisir du joueur, pour le reste les gameplays se suivent et se ressemblent.
  • Je trouve aussi que les mécanismes de jeu se complexifient et j'ai conscience que c'est le fait de prendre de l'âge. Personnellement le crafting à outrance ou des règles complexes au détriment de la simplicité et du plaisir, j'ai passé mon tour. J'ai envie de dire que lorsque je joue, j'ai passé l'âge de réfléchir, place au cerveau reptilien, place à l'action.

Dans cette période de pénurie où les cartes graphiques coûtent un bras, j'ai commencé à me retourner vers le marché de l'occasion pour réaliser que des cartes graphiques datées d'il y a plusieurs années coûtent un bras et un rein. La spéculation va bon train. Dans l'offre des cartes, il n'y a rien, à part la GT1030 qui n'est objectivement pas faite pour jouer. Je me suis fait bien évidemment engueuler par mes compères dont le grand maître de la carte vidéo, mais pour l'instant je ne regrette pas mon choix qui est plutôt cohérent avec ma nouvelle configuration.

oh, un torchon qui va brûler !

La GT1030 a deux avantages indéniables : elle fait 0 bruit, elle ne consomme rien. Lorsque j'avais fait la présentation de ma configuration, j'avais noté qu'elle n'avait pas une alimentation standard par rapport à une carte mère encore moins standard. De cette façon je préserve mon silence et c'est très important pour moi, de l'autre j'évite de flinguer mon alimentation ou me lancer dans des bricolages qui finiront certainement en incendie. Dernier critère de cohérence, je suis quand même possesseur d'une Xbox One et d'une PS4, ce n'est pas comme si j'étais à la rue des gros jeux, bien au contraire. 

L'avantage du PC c'est que jouer coûte beaucoup moins cher, et que le nombre de jeux accessibles de la scène indépendante sur PC est bien plus important que celui de toutes les autres plateformes réunies ou presque. La Switch proposant de très nombreux jeux indépendants. Et si on y réfléchit bien, c'est plutôt logique, la Switch est une machine peu puissante, elle va donc compenser l'absence de licences à très gros budgets aux effets de fou par un catalogue de jeux indépendants bien plus gros que les autres consoles avec de très jolis coups, on peut penser à Hadès, seulement présent sur PC et Switch. 

La scène indépendante a quelque chose de franchement rassurant pour moi, c'est que souvent il s'agit de mécaniques de jeux qui sont datées, identiques, simples. Du fait d'avoir peu de moyens, le type de jeu c'est souvent du hack and slash, des jeux de plateforme, du beat them all, dont on connaît spontanément les mécaniques sans avoir besoin de trop réfléchir. D'un côté c'est bien parce que l'engagement est assez faible, on peut se lancer dans une partie d'un peu ce qu'on veut sans trop se casser la tête pour casser très vite des têtes. De l'autre côté c'est pas bien car effectivement l'engagement est plutôt faible si bien qu'on joue sans vraiment de passion. Pour être totalement juste, on notera quand même que si les mécaniques sont les mêmes que les jeux que j'ai pu faire il y a 20 ans, on a quand même progressé sur des éléments du gameplay et sur la technique. On va intégrer par exemple à des jeux de plateformes, des éléments rôlistes avec des augmentations de niveau.

Dans les jeux que j'ai eu l'occasion de faire et qui correspondent à ce que je raconte bladed fury est un bon archétype. Il s'agit d'un beat them all pour le moins traditionnel qui se déroule en Chine ce qui est plutôt rare. Une jeune femme pense tuer un démon mais elle se rend compte qu'elle a finalement tué son père. Elle s'enfuit, en menant son enquête, elle va castagner sévèrement des tas de monstres et des boss particulièrement impressionnants. De beaux effets de lumières, la possibilité d'utiliser des supers pouvoirs récupérés des monstres, la possibilité d'augmenter ses caractéristiques. Le jeu est plié en cinq heures où l'on prend plaisir à tout casser.

Shattered: Tale of the Forgotten King est un jeu que j'ai démarré, j'ai joué quelques heures et puis je me suis arrêté. Il s'agit d'un clone de Dark Souls qui n'est pas sans faire penser à Necropolis dans le choix de la direction artistique. On en revient toujours à la même chose, quand tu n'as pas de pétrole tu as des idées, quand tu n'as pas les moyens de faire des animations de la mort, des graphismes de fou, tu fais le choix du minimalisme et des polygones. Artistiquement c'est assez réussi mais le jeu a de gros problèmes qui m'ont fait couper :

  • Il y a une bonne partie qui est du "platformer" et malheureusement la précision n'est pas au rendez-vous pour le personnage ce qui est dommage et surtout pénible parce qu'on finit souvent dans l'étang.
  • On a l'impression que faire du Dark Souls c'est forcément tomber dans du lore qui ne veut rien dire. Force est de reconnaître qu'à ce jeu Shattered fait très fort, les dialogues ne veulent rien dire, l'histoire est incompréhensible. Vous comprenez que si dans Dark Souls ou même Bloodborne on ne comprend pas grand-chose, l'ambiance est à son paroxysme avec des monstres et des niveaux qui claquent. En faisant le choix du minimalisme, pas évident de rentrer dans l'ambiance, avec une histoire qu'on ne comprend pas c'est encore plus difficile.
  • C'est ce dernier point qui m'a fait arrêter, la taille de la carte et l'impossibilité ou presque d'avoir des points de repère. C'est énorme, on a des interconnexions mais le choix dans le minimalisme fait qu'il est très difficile de se diriger dans le jeu. Il était possible certainement de faire moins éloigné. 

Je pense que ce jeu pourra de façon évidente trouver son public chez les inconditionnels de la série en manque, mais pour moi il faut m'en donner plus pour réussir à m'accrocher. 

Stela est un jeu dans lequel vous incarnez une jeune femme qui passe son temps à courir, poursuivie par des monstres, dans un monde qui a l'air de ne plus tourner bien rond. On pourrait considérer que le gameplay est particulièrement limité puisque le personnage se limite à courir, à sauter et réaliser quelques actions comme déplacer des objets, et pourtant pour les très courtes deux heures que dure le jeu, vous allez vous retrouver face à des puzzles, des actions bien plus riches qu'il n'y parait. On évite des monstres en utilisant les éléments du décor, on fait sonner des gongs gigantesques pour en éloigner d'autres sans aucune indication, c'est au joueur de comprendre l'action à mener. Très joliment réalisé, je n'ai pas essayé de m'attarder sur le scénario où tout est laissé à la libre interprétation du joueur pour me focaliser sur la plaisante expérience de jeu.

J'avais beaucoup apprécié le jeu Remnant from the Ashes, que j'avais pu faire grâce au Xbox Game Pass. Il s'agissait d'un Souls, je sais ce n'est pas original, mais qui se jouait principalement aux flingues. L'action était particulièrement nerveuse et prenante, le jeu présentait toutefois trois défauts principaux. Une génération aléatoire des niveaux si bien qu'on ne croisait pas forcément toujours les mêmes boss, je pense de plus que ce type de jeu se doit d'avoir un level design fixe avec des monstres bien placés et des pièges bien sentis. Ce qui nous amène au second défaut qui découle du premier, des monstres placés n'importe où et en nombre pour faire augmenter la difficulté de façon pas très intelligente. Enfin un boss de fin complètement idiot où le temps à passer par rapport au challenge m'avait fait arrêter le jeu plus tôt. Chronos before the Ashes est un préquel du jeu, c'est d'ailleurs assez plaisant d'affronter des monstres connus, dans un univers connu mais de façon différente. La première chose qui choque dans le jeu c'est la lenteur du personnage. Je pensais que cela venait des paramétrages en lien avec ma carte pas assez puissante mais ce n'est pas du tout le cas. Le personnage est d'une lourdeur incroyable, les adversaires ne sont pas très rapides non plus, mais pour un jeu du genre c'est très problématique. Pour le reste il s'agit d'un Soul très classique, mais beaucoup plus basique, un Soul budget. C'est assez sympathique, avec un système de mort que je n'ai pas eu le temps d'exploiter jusqu'au bout, je pense m'être arrêté au deux tiers du jeu. Lorsque le personnage meurt, il est banni du donjon pour un an, si bien qu'il vieillit. La date limite est semble-t-il de 80 ans, après le personnage ne vieillit plus. Si dans ses premières années il peut augmenter ses capacités de force et d'agilité, en vieillissant elles restent bloquées (elles diminuent ?) au profit de la magie. J'ai arrêté le jeu dans un lieu bien précis avec des monstres assez marrants sur le principe. Il s'agit de statues de pierres, façon un, deux, trois, soleil. Lorsque vous ne les avez pas dans votre champ visuel, elles se déplacent pour vous tuer. Bien évidemment elles sont indestructibles, bien évidemment avec un jeu à la technique datée, se battre contre les monstres bien vivant pendant que les statues se rapprochent, c'est compliqué. Dans cette partie de jeu, les développeurs cèdent à la même facilité que Remnant from the Ashes à savoir qu'on a tendance à monter le nombre de monstres pour augmenter la difficulté. Le challenge devient alors beaucoup moins intéressant et c'est plutôt dommage, certaines idées sont excellentes. Par exemple, vous voyez un objet dans une bibliothèque, en passant par un portail magique vous êtes réduit et vous vous promenez dans un mini niveau dans les livres. Avec davantage de travail le jeu aurait pu être excellent, on peut supposer que les développeurs sont sur la bonne voie et que le prochain épisode sera le bon. 

Sparklite est un roguelite comme c'est dans l'air du temps qui se la joue façon Zelda ce qui n'est pas forcément commun. Vous incarnez une gamine qui s'écrase sur une île où on a un sacré problème d'écologie. Il faudra en effet marave des méchants pollueurs qui exploitent les ressources, vous seul pouvez sauver ce monde. L'univers est assez mignon et fait forcément penser à du Zelda 16 bits. Le jeu n'est pas très compliqué avec des patterns assez faciles à maîtriser, mais comme tous les roguelites il pose le problème de redémarrer au départ si bien qu'il faut rusher parfois pour revenir à l'endroit où on était parce que faire tous les monstres de la carte c'est long. Avec une carte aléatoire, pas évident de poser des repères si bien qu'on peut arriver à une certaine forme de lassitude. Le jeu en outre a ceci d'intéressant, vous avez des gens pour vous aider, en ramassant suffisamment de cristaux vous allez pouvoir débloquer plus d'armes, plus de vie, et ainsi vous faciliter la tâche. Le jeu est plaisant avec des mécaniques simples, quand on est lassé, on peut quitter et revenir comme si de rien n'était.

Avec désormais des jeux indépendants qui sortent à la pelle, où beaucoup tentent leur chance et à raison quand on voit le succès d'Hadès, ce billet aurait pu être infini. Je vais quand même m'arrêter là. Lorsque j'ai vraiment accroché à un jeu, j'ai tendance à écrire une bafouille sur restez-curieux, il s'agissait surtout ici de montrer qu'on peut jouer à moins de 250 € et que ce n'est pas parce qu'un jeu affiche 600 milliards de pixels en même temps que c'est forcément un jeu de qualité. À l'instar toutefois de toute l'industrie culturelle, on se retrouve avec la problématique de ne pas pouvoir tout faire, de ne pas pouvoir tout voir, tout entendre, tout lire, tout jouer, il faudra donc faire des choix et ne plus hésiter à stopper au plein milieu si on a l'impression d'en avoir fait le tour. 

J'ai mis pas mal de temps à écrire ce billet, pas parce que ça ne vient pas tout seul mais parce que les fins d'années chez les enseignants restent toujours complexes et celle-ci n'échappe absolument pas à la tradition, pire peut-être, cela sera l'objet de notre prochain épisode. 


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Une vie de BORNE

juin 2, 2021 - Temps de lecture: 9 minutes

Comme je l'ai écrit, ces derniers temps, vous me direz tout le temps, je tire un peu la langue. Il se trouve que la période est un peu plus apocalyptique qu'à son habitude. La fin d'année scolaire chez les profs c'est toujours sport, avec le COVID et l'état d'esprit de nos élèves c'est sirop sport. On rajoute donc les travaux, les réparations des travaux, la fin d'année de mes gosses, les repas à gauche à droite, les sollicitations, et on arrive à un niveau bien tendu. Comme vous avez pu le lire, j'étais encore sur les routes dimanche, pour un repas de fête des mères qui a fini en update && dist-upgrade, je mange des kilomètres. Mardi après sept heures de cours dont six de troisième que personne ne m'envie au lycée, je rentre chez moi, il pleut. 

C'est une route que je connais très bien, je me sens fatigué, et avec la pluie je roule plus doucement que d'habitude. 

Un peu de géographie et quelques explications. Vous avez face à vous l'étang de Pissevaches. Il faut savoir qu'à l'origine ça s'appelait pisse vagues car avec les coups de flottes chez moi, l'étang a tendance à se remplir avec de l'eau de mer. Quand c'est plein c'est franchement impressionnant mais quand arrive la saison estivale c'est à sec, on se rend compte que cette très large étendue d'eau c'est 20 cm de profondeur. J'arrive donc au niveau de cet endroit et mon Némo part. Perte de contrôle complète, je finis dans l'herbe après une énorme "shtonk". Je sors facilement de la voiture, je suis particulièrement en colère parce que mon véhicule date de septembre et je me dis que je vais prendre super cher, sur la petite route d'à côté un type avec sa camionnette "ah vous aussi vous avez pris la flaque d'essence". Alors forcément tu te dis que tu vas commencer à le marave parce qu'il aurait pu prendre le temps de mettre un triangle de signalisation ou une variante mais le gars te dit que ça camionnette est morte. Je prends le temps de regarder ce que j'ai : 

C'est pas forcément super visible, même si on voit le pneu fortement compressé, la jante est totalement défoncée. Je n'ai absolument rien sur le reste du véhicule, c'est la roue qui a tout pris. Je reprends la route, je suis à quelques kilomètres de chez moi, j'arrive, je peste seul, j'appelle la police municipale qui me dit qu'elle a manqué de se viander et qu'ils sont en train de faire appel aux services d'urbanisme. Saint-Pierre la mer, des restaurants à tous les coins de rue mais pas un garage, c'est trop facile. Le garage le plus proche est à la capitale Fleury d'Aude à huit kilomètres, mais je ne risque pas d'y remettre les pieds suite à une réparation un jour qui m'a coûté un bras, et l'accueil qui n'est pas sans faire penser à un film d'horreur glauque dans les villages de campagne reculés où le garagiste pur produit de douze générations de consanguinité finit par découper ses clients. Il faut donc aller à Gruissan, la plage des jeunes et c'est à environ 15 km. Je dis à ma femme que je vais amener le véhicule, elle me dit d'appeler l'assurance pour faire récupérer le véhicule. Je ne lui donne pas totalement tort, la direction a pris un coup quand je roule sur la partie défoncée de la jante, ça tourne tout seul. Vu l'état de mon pneu, c'est une prise de risque, avec des touristes dans tous les sens, c'est un coup à se tuer et comme Shiryu emporter des tas de victimes avec moi. 

Le véhicule doit être récupéré à 7h15 pour être déposé à 8h à Gruissan Auto excellent petit garage de la plage des jeunes et des plus riches. Il est 7h45, la dépanneuse n'est toujours pas arrivée. J'ai envie de dire normal. J'appelle l'assistance, ils s'excusent ils m'ont oublié, normal. La dépanneuse finit par arriver, il tracte le véhicule et ça commence à étayer un peu ma théorie comme quoi je m'en sors à bon compte. Le triangle derrière la roue n'est pas touché, à priori c'est "seulement" la jante qui a pris. 

La journée passe, ma femme me traîne faire des courses, le garage m'appelle de temps en temps pour me dire où on en est. Il m'annonce donc qu'il faut changer la jante, on le savait, le pneu qui est mort donc les deux pneus et plus surprenant les plaquettes qui sont à 1 mm de la fin. J'ai acheté le Némo au mois de septembre, j'ai fait environ 15000 avec, donc forcément ça fait pas beaucoup, et j'ai une pensée toute spéciale pour le garage qui m'a vendu le véhicule. Au contrôle technique, il était nécessaire de changer les pneus sur le bilan avant l'achat, n'importe quel professionnel qui démonte les pneus aurait dû voir les plaquettes en fin de vie. Une autre théorie aurait été de dire que je freine comme un fou, ce n'est pas le cas. 

L'après-midi à la maison, j'avance mon installation de Linux, je passe à Xubuntu et le problème signalé dans le précédent billet ne se pose pas. Je peaufine un peu pour ne pas reproduire les erreurs du passé, je lance Remmina en plein écran pour que les gens arrête de chercher l'icône qui va bien et désormais je bloque le tableau de bord parce qu'on a toujours un gamin un peu drôle pour faire sauter le tableau. Les commandes sont les suivantes :

sudo cp ~/.config/xfce4/xfconf/xfce-perchannel-xml/xfce4-panel.xml /etc/xdg/xfce4/xfconf/xfce-perchannel-xml/
sudo sed -i '/<channel/ s/>/ locked="*" unlocked="root">/' /etc/xdg/xfce4/xfconf/xfce-perchannel-xml/xfce4-panel.xml
pkill xfconf
xfce4-session-logout --fast --logout

La source, c'est le forum ubuntu. Soudainement ma femme me dit ça sent le brûlé. Ça sent fort le brûlé. Rien à mon étage, je descends quatre à quatre les marches des escaliers, un torchon est en feu sur les plaques vitrocéramique. Pendant ce temps là, alors que je suis en train de m'étouffer mon téléphone est en train de vibrer, c'est le garage qui m'appelle pour récupérer ma voiture. 

Je récupère mon véhicule pour une addition de 425 € qui font franchement mal au derrière. Avec du recul, je m'en sors toutefois à particulièrement bon compte, pourquoi ? Au niveau de l'accident en lui-même qui était inévitable, comme il pleuvait je roulais lentement. Un peu plus vite, je faisais un tonneau. Au niveau de l'accident toujours, j'ai traversé la route, une voiture en face et c'était pas que la roue. Le fait que la roue se soit prise une charge complète et que le reste du véhicule n'a rien tient quasiment du miracle. La camionnette qui s'est crashée avant moi perdait de l'huile, ce qui laisse supposer que le bloc moteur a pris. Je n'aurais pas pris le temps d'aller faire contrôler mes plaquettes avant le mois de septembre, date de la vidange, je serais parti en vacances en continuant à rouler au quotidien comme je le fais, à pas grand-chose je tuais mes disques. Et comme le disait le garagiste, vu la violence du choc avec une jante vraiment qui a pris cher, je m'en sors vraiment bien. 

Le lendemain, aujourd'hui donc, je prends la route et je passe forcément à l'endroit du crash. Il est certain qu'aussi bonhomme tu puisses être, tu passes pas à fond les ballons, tu prends ton temps et tu regardes. Un peu amusé, je constate que la zone a effectivement bien été sécurisée. 



La moralité de l'histoire est toujours la même. La route c'est quand même de la merde, plus tu roules, tu prends le risque d'avoir un accident. Pour le reste ça tient franchement à la chance d'être encore vivant pour pouvoir raconter tes aventures dans un billet de blog. 

Comme j'ai un peu mis trop d'images, l'espace avec une vidéo est trop court pour finir avec un clip de RAP, ça fait technique d'élève sinon de mettre des images pour faire croire que ça fait beaucoup de choses à lire. Si j'avais dû faire un choix, ça aurait été bien évidemment le titre j'pète les plombs de Disiz, l'histoire d'un homme qui a eu une journée un peu compliquée et qui commence à en avoir marre. 

Pour ce weekend j'ai expliqué à ma femme que je ne quittais pas l'enceinte de la maison, il y a trop de signes en ce moment que la fatigue est bien là, trop présente, et que si on continue de pousser un peu plus, ça risque de tourner au drame. 


À Propos

T'avais jamais lu de blog français avant.
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