2020 année officielle de la résignation

20/12/2020 Non Par cborne

C’est la fin d’année papa Noël va bientôt passer et à l’instar des bêtisiers de fin d’année sur les chaînes de télévision, les blogueurs et les sites internet font leur bilan de l’année, c’est ce qu’on appelle dans le jargon un marronnier. Le marronnier a ceci d’intéressant, c’est lorsque tu n’as rien à raconter, tu sors le marronnier, ce qui te permet de gagner une partie contre la page blanche. Ça tombe bien, en ce début de vacances après une période que nous qualifierons de rude, je suis sur les rotules, tellement déglingué que je n’ai même pas la force de lancer un jeu sur la PS4.

cyrille-borne.com en chiffres

Les statistiques du blog sont en baisse par rapport à l’année 2019. Si je devais trouver une explication simple je dirais :

  • aucun effort pour séduire,
  • absence totale de SEO,
  • absence totale de calcul pour faire du chiffre (troll, clickbait),
  • absence de présence sur les réseaux sociaux. Denis dernièrement insistait sur leur importance dans une stratégie de conquête du monde. J’ai clôturé l’ensemble des réseaux avec le confinement, je pense que la COVID aura été déterminante dans ce choix. La lamentation permanente, le choix du silence, je crois qu’il n’y a pas photo, c’est sans regret.
  • une production qui diminue même si les billets sont plus longs, un argument de plus pour faire fuir les gens, c’est trop long.
  • des contenus de moins en moins intéressants pour la base technique de mon lectorat avec un passage de plus en plus orienté vers l’éducation.
  • une trahison pendant le premier confinement avec un passage complet à Windows. J’y suis encore six mois après et quoi que pense Cascador du système d’exploitation, pour l’instant ce n’est pas près de s’arrêter pour moi. Comme il le fait justement remarquer, nécessité fait quand même franchement loi, je pense que le passage au télé-travail et l’utilisation des logiciels propriétaires auront contraint pas mal de personnes comme moi qui arrivaient à combiner Linux à la maison, Windows dans l’entreprise à se positionner pour la marque de Redmond. Boire ou conduire il faut choisir, Linux ou travailler, pour moi, et j’insiste bien pour moi, il aura fallu choisir.
  • un public qui aura du mal à se renouveler parce qu’on va pas se mentir c’est pas les demeurés qui passent leurs journées sur tiktok qui vont venir lire mon blog. J’ai presque envie de dire que bientôt j’aurais plus de lecteurs morts que vivants.
  • la mort des autres blogs et une perte de backlinks. Bien évidemment, je pourrais aller écumer les sites pour aller placer mes propres backlinks mais à quoi bon ?

Sinik dans une interview a dit que c’était la fin avec ballon d’or, son album qui s’est mal vendu. Il savait qu’à partir de ce moment, ce serait plus compliqué. Il explique aujourd’hui qu’il fait des albums pour le plaisir, et qu’il vit d’autre chose. Je suis exactement dans la même dynamique. J’écris mes billets par plaisir sans m’interroger sur leur pouvoir de séduction, sans m’interroger sur leur portée, j’écris chaque billet comme si c’était le dernier concert, vomissant ma rage et mes tripes sur le public. La différence bien sûr c’est qu’à ce jeu, je suis gagnant sur la durée, à 87 ans, je pourrai vous raconter comment ça se passe dans mon EHPAD et comment je torture psychologiquement les infirmières.

Si ça vend plus un skeud, j’me dirais qu’j’ai fait mon heure. Et rien à foutre de c’que l’Histoire retiendra de mon œuvre

Au moment où j’écris ces lignes,

En 2019 :

  • 212 832 visiteurs uniques
  • 1 117 521 visites
  • 7 633 812 pages vues

En 2020 :

  • on arrivera à 165 000 visiteurs uniques soit une grosse claque
  • on arrivera à 1 200 000 visites soit une augmentation
  • on arrivera à 7 200 000 pages vues soit une diminution.

La comparaison entre ces deux années a globalement du sens puisque je pense qu’il s’agit de l’une des rares périodes où je n’ai rien fait. J’entends par là que je n’ai pas changé de moteur de quoi que ce soit, je n’ai pas fait péter quoi que ce soit, je n’ai rien rajouté de plus. On peut donc faire une véritable comparaison sur la période.

La part d’accès au site par les moteurs de recherche est passée de 8 à 12%. Je trouve que ce nombre est assez intéressant, et doit certainement confirmer le fait que je n’ai rien fait, ce qui veut dire que Google peut enfin référencer mes pages sans que ça bouge tous les quatre matins. La part des utilisateurs Linuxiens passe de 44% à 42% ce qui comme vous pouvez l’imaginer est assez hors norme sur ce qu’on peut voir sur la toile. Un lecteur sur deux est Linuxien. On peut donc considérer que soit les Linuxiens me conservent par habitude, un peu comme un vieux pote qui a mal tourné et dont on prend des nouvelles. Certainement parce que derrière les écrans se cache certainement une population d’un certain âge qui prend encore un certain plaisir à lire une opinion avec un sujet, un verbe et un complément. Certainement quelques adolescents à la maison, ou des adolescents en devenir, des angoisses pour leur avenir, et se dire que Cyrille BORNE avec son Némo est au front tous les matins. Journaliste d’une guerre sans nom, celle d’une jeunesse qui l’a certainement perdue, la guerre. Alors que la population des Linuxiens se maintient, Firefox perd 5 points de, 46% à 41%, ici encore des statistiques hors normes, c’est rigolo d’être moi.

Pour un gars qui ne fait aucun effort pour se faire connaître, je trouve que c’est quand même plutôt pas mal. J’essaie de me défaire de l’obsession des statistiques, mais je crois que c’est une mauvaise habitude, comme la cigarette du matin avec le café, je regarde les statistiques de mes sites depuis 20 ans, on ne se refait pas. En même temps je ne fume pas.

Cyrille BORNE et ses grands événements de 2020

S’il ne fallait retenir qu’un mot, qu’une image, je crois que ce sera certainement la même chose pour tous : la COVID-19.

Je crois que malheureusement ce sera le mot de 2021, auquel on devra certainement rajouter catastrophe, économique, sanitaire, et j’en passe. La crise COVID n’aura pas forcément eu l’impact qu’on peut imaginer à mon niveau. J’entends par là que l’abandon de Linux au profit de Windows, c’est comme pour beaucoup de choses, un catalyseur. Pour le reste, mon mode de vie qui sans parler de minimalisme est assez prononcé dans une tendance à acheter local au plus, essayer d’acheter de moins en moins de choses inutiles, une vie de famille simple de bon père de famille n’aura été qu’une confrontation, une vérification, une validation, d’être sur la bonne voie. De la même manière, l’abandon des réseaux sociaux, c’est aussi un effet de catalyse, à terme j’aurais de toute façon fini par lâcher, trop grande perte de temps, trop de vent, et surtout une relation totalement biaisée. Les réseaux sociaux c’est le piège de croire qu’on connaît plein de gens pour finalement se rendre compte qu’on ne connaît personne. Ami des collègues sur les réseaux sans connaître le prénom de leurs gosses, sans connaître leurs joies, leurs passions, leurs peines, leurs souffrances, ce n’est pas être ami. La limitation de mes relations, passer par le biais du SMS, de l’appel téléphonique, m’a fait gagner en qualité face à une quantité, en apparence.

Pour le retour qui me paraît définitif à Windows, je trouve que c’est aussi plus sain. J’entends par là que Linux devient de plus en plus technique, comme l’informatique de façon générale, docker, kubernetes, ça commence à devenir franchement compliqué pour se permettre de donner un avis. On ne peut pas avoir un avis sur tout. Je lisais Adrien D. recadrer les Linuxiens du dimanche, ou utux expliquer en entreprise la problématique de l’abandon de CentOS. J’aurais certainement sans aucune connaissance de la situation en entreprise balancé une phrase du style, ils avaient qu’à utiliser Debian. J’aurais aussi remis une couche pour dire que ça fait bien les affaires de Microsoft et une mauvaise publicité pour Linux. Bien plus que l’environnement Linux, c’est du logiciel libre et des gens qui gravitent autour dont je m’éloigne, perte d’intérêt d’une part, perte de compétence évidente d’autre part. Parler d’un sujet qu’on ne maîtrise pas, mieux vaut finalement se taire pour parler de ce qu’on maîtrise, sa propre expérience, son quotidien. Pour la perte d’intérêt, voir la sortie de GTK 4, c’est comme l’annonce de la 5G. Quand certains voient un progrès extraordinaire, moi je me contente de constater que dans le massif de la Clape à côté de chez moi, il n’y a pas de réseau. Tant de manques dans le bureau Linux, tant de problèmes, les gars ont même pas quelque chose de super fonctionnel qu’ils ont déjà proposé la suite, comme KDE finalement.

Comme je l’ai écrit plus haut, l’orientation du blog vers l’éducation est une évidence, car la double casquette que j’ai portée pendant des années, informaticien et enseignant c’est définitivement fini. Il y a tant à faire avec nos élèves, tant à comprendre, tant à essayer, que savoir quelle distribution mettre, est la dernière de mes préoccupations. L’éducation populaire, celle qui consiste à expliquer que le logiciel libre nous sauvera tous, c’est un débat clos pour moi, les gens n’auront jamais la compréhension de ce problème. Si déjà on arrive à avoir une prise de conscience que la marche en avant vers la 5G quand on est pétri de zones blanches sur le territoire, quand la 4G est suffisante pour la majorité des usages, ce sera déjà pas mal. Plus simple encore, j’ouvrais la poubelle de déchets dans ma rue, quatre gros cartons Amazon alors que la poubelle jaune est à 50 mètres. Deux problèmes en un, l’écologie d’un côté, la consommation de l’autre. Voyez qu’il est loin Linux, franchement loin sur la banquise qui fond.

En résumé 2020, à part une grosse année de merde c’est :

  • Lever le pied sur les bricolages inutiles sans rejeter les solutions robustes. Je continue d’utiliser Syncthing ou Openmediavault parce que ce sont de bonnes solutions.
  • Essayer de trouver des solutions pédagogiques face à une situation aggravée. Comprenez qu’on s’est encore enfoncé dans la misère intellectuelle cette année avec des enfants qui travaillent encore moins et qui veulent moins en faire.
  • Développer des outils pédagogiques inédits, merci le confinement, même si je n’ai pas fait de vidéo depuis un moment, je compte en refaire quelques-unes sur ma chaîne Youtube, et continuer à écrire des contenus simples sur restez curieux.
  • Un changement de voiture et ce n’est pas anodin car cela rentre aussi dans un arrêt du bricolage permanent au jeu de trouver la fuite par exemple.
  • Du rap, du jeu vidéo, de la bande dessinée.

Et pour le reste c’est en gros tout. Pas de pépin de santé pour mon épouse vraiment grave, la routine en quelque sorte, pas de problème majeur à la maison, j’ai presque envie de dire que malgré le contexte, tout ne va pas si mal.

Cyrille BORNE en 2021 c’est tout pareil ou moins mais certainement pas plus ou pas

Forcément avec des statistiques à la baisse, la tentation d’aller se vendre sur les réseaux sociaux, dans des stratégies SEO, serait tentante pour le commun des mortels, mais pas pour Cyrille BORNE. Cyrille BORNE ne fera pas plus d’effort, Cyrille BORNE continuera de faire ce qu’il sait faire, parler de lui à la troisième personne et balancer des billets de blog quand ça lui chante. Cyrille BORNE préfère mieux travailler ses contenus et faire des billets de plus de 2000 mots plutôt que d’essayer de broder autour d’une nouvelle insignifiante en 300 mots et 24 images. J’ai beaucoup aimé cet article, qui explique que pour influencer, il faut instagrammer, faire du tiktok. C’est certainement parce qu’on a fait beaucoup de choses à côté qu’on a plus grand-chose à lire désormais sur la toile.

Je crois qu’il s’agira de l’un de mes grands défis de l’année 2021, trouver une façon de s’enrichir. Intellectuellement j’entends, parce que financièrement je refuse un billet sponso par semaine. Car ne nous leurrons pas, nos écrits, nos contenus, sont le reflet de nos expériences personnelles, de nos savoirs. Et forcément pour apprendre, il faut pouvoir se documenter. Avec une blogosphère qui était plutôt riche et qui permettait de se forger des points de vue, de s’informer tout simplement, qui n’existe plus, une presse qui bascule largement du côté obscur du paywall, apprendre, ça va devenir compliqué, de plus en plus compliqué. Peut-être que du fait d’avoir mis le Bluetooth dans la voiture, je vais me mettre au podcast, car vous avez vu que désormais pour influencer il faut podcaster, une autre façon d’apprendre durant mes longues heures de trajet.

Comme vous l’avez compris, on ne change pas une équipe qui perd, nous continuons sur notre lancée en 2021. En vous souhaitant d’excellentes fêtes de famille, faites pas trop les fous non plus, et préparez-vous à un retour au confinement d’ici la mi-janvier. Du vrai confinement bien hardcore avec peut-être l’horreur absolue, vos gosses à la maison. Évitez l’Angleterre aussi, pas terrible en cette saison.

chez Odysseus