2019, parce que tu es prof en 2019

12/09/2019 Non Par cborne

La semaine comme vous le savez est particulièrement musclée, je me suis donc fait la formation sur le TBI. Rien de neuf sous le soleil, soit tu as le pouvoir, soit tu ne l’as pas, personnellement j’ai tous les pouvoirs parce que je suis Cyrille BORNE. Je peux comprendre que c’est un peu flou pour vous mais vous allez comprendre où je veux en venir.

Ce matin, j’ai attaqué avec ma classe de 22 garçons, où tout prend un autre sens quand tu fais des exercices de probabilités avec des boules indiscernables, et j’ai lancé le TBI direct. Les gamins au regard attentif, me voyaient faire des boules, les multiplier, changer les couleurs.

Alors effectivement tu captes l’attention, ils se battent pour passer au tableau, et il y a de nombreuses choses qui font que l’appareil devient rapidement indispensable, quelques exemples :

  • La couleur, le fait de ne pas avoir à utiliser de feutres ou de craies
  • Le fait de pouvoir créer plusieurs pages et de pouvoir y revenir. Ça c’est formidable. En gros, j’ai mis la définition des probabilités sur une feuille, j’ai fait des allers-retours, c’est la classe.
  • Le fait de pouvoir sauvegarder le tableau. Par exemple, j’avais un cours le matin, et j’ai fini à l’arrache, j’étais content de pouvoir retrouver mon tableau pour l’après-midi.
  • Ça devient très rapidement indispensable, quand je suis retourné dans une salle avec des craies, j’ai fait un peu la gueule.

C’est propre, c’est ludique mais ce n’est pas la solution miracle. Une fois passé l’effet de surprise, une classe de gamins énervés, reste énervée. C’est un plus, c’est indéniable. Le comportement des élèves est vraiment positif et je souligne, j’enfoncerai le clou plus loin, qu’il est important de faire preuve d’humilité, de ne pas faire le cador. Les gamins ont vu que je maîtrisais, l’interface est ergonomique, donc pas de souci particulier. J’ai parfois tâtonné et je prenais le temps de montrer comment ça marche afin de bien faire comprendre à tout le monde que ce n’était pas l’outil réservé au prof mais bien à tout le monde.

Ma collègue d’anglais arrive et vient me chercher dans la salle à côté pour me demander comment ça fonctionne. Je lui pointe du doigt quelques élèves, je dis qu’ils savent gérer, elle nous raconte par la suite que les élèves ont été bienveillants et la corrigeaient au fur et à mesure, quand elle se trompait. Il est intéressant de voir que plusieurs collègues sont réticents à l’utilisation du TBI parce qu’ils ne sentent pas à l’aise et ont peur concrètement de passer pour des cons face aux élèves. Ce qui me donne l’occasion de rebondir sur le fait que je suis Cyrille BORNE, et que je n’ai pas peur de passer pour un con.

J’ai fait mon premier cours de Python aujourd’hui et je me suis pris un four avec le premier groupe, je vous montre mon erreur de honteux.

Je me retrouve à taper ça et forcément ça ne fonctionne pas et je ne comprends pas pourquoi parce que tu as quand même un coup de pression. Forcément avec le x= pour se retrouver avec un x= en fonction de x, tu peux pas aller bien loin. J’ai avoué en toute franchise que les élèves essuyaient les plâtres et que j’avais simplement deux mois de travail de plus qu’eux et que j’étais une buse. Les jeunes se sont prêtés au jeu, cherchant l’erreur en même temps que moi et tout est rentré dans l’ordre.

Le respect dans mon métier ne se gagne pas en sortant l’armure du chevalier, elle se gagne avec le costume du bonhomme, qui n’a pas honte d’avouer ses faiblesses. À part ce couac qui m’a coûté cinq minutes et même pas mon amour propre, on sent quand même le drame en puissance. Je suis arrivé au if / else sur un cas simple, pile tu gagnes, face tu perds. Il apparaît un problème pour de nombreux élèves, la notion de variable. Comprendre que la variable pileouface peut avoir deux valeurs pile ou face ce n’est pas facile. Quand je me suis rendu compte du problème j’ai interpelé les élèves avec un de mes exemples venu de je ne sais où, c’est quoi la variable qui a son importance dans un frigo ? Nombreux répondent les aliments quand j’attends la température. C’est aussi ça mon métier, prendre le truc avec calme et redonner des exemples. La logique n’est pas le fort de mes élèves, je vous raconterai comment ça se passe.

Et de rebondir sur quelque chose qui m’a fait sourire, le partage d’expériences. Souvenez-vous, il y a quelque temps, j’utilisais le réseau social de mon entreprise avec Yammer. J’ai arrêté car je me contentais de donner sans jamais rien recevoir. J’y vais de temps en temps, pour voir s’il se passe quelque chose.

J’ai participé à Yammer, de façon intensive, j’ai distribué mes cours, partagé mes astuces, j’ai même créé un groupe des responsables informatiques. J’aime beaucoup cette idée, ce concept, qui dit que pour lancer quelque chose il faut avoir le courage, celui d’oser, un peu comme le gars qui va tout seul sur la piste de danse pour entraîner les autres. Malheureusement, quand tu finis par danser tout seul, que personne ne vient, tu te lasses.

C’est donc avec un certain amusement que j’ai vu un des gros piliers, un gars pour qui j’ai beaucoup de respect, expliquer qu’on partageait de moins en moins dans ce réseau, notamment sur Python, le néant, ou le nouveau cours d’informatique de GT, quelques liens sur le web. Une constatation qu’il fait avec un an de retard et qui illustre une fois de plus ce que j’estime être le cancer de ma profession, la honte du partage, la peur du jugement. Ma collègue de maths qui a eu écho que j’avais fait ma journée avec le TBI m’a demandé si elle pouvait assister à un de mes cours, chez moi c’est open bar, c’est une évidence.

Revenons en donc au fait que je sois Cyrille BORNE et que j’ai tous les pouvoirs. À l’aise avec son TBI, à l’aise avec ses erreurs sous Python, et la force de la déculpabilisation. J’ai un peu tourné pour regarder ce qu’il était possible de faire avec le TBI, quelques remarques :

  • Les ressources n’ont pas l’air de courir les rues pour les plus grands. Chez les gosses, c’est la fête, chez les grands et chez les mathématiques c’est mort.
  • Dans TBI, on insiste bien sur l’interactif pour faire comprendre qu’il ne s’agit pas d’un vidéo-projecteur qui coûte un bras, moi j’insiste bien sur le tableau interactif. C’est un tableau et je m’en sers donc comme un tableau.
  • Par le fait passer des heures à monter une séance pour faire apparaître et disparaître des trucs, ce sera sans moi, par contre à l’improvisation et au talent, je suis votre homme.

Il me paraît donc important de bien prendre en considération ce qu’est le TBI et ne pas croire qu’il va résoudre tous les problèmes du monde et de la pédagogie en particulier. Le logiciel que nous utilisons s’appelle Activinspire et je réponds donc à la question que je posais la dernière fois, est-ce qu’il est envisageable de repasser sous Linux.

YES YOU CAN !

Barack Obama, joueur de basket.

Je ne l’ai pas encore fait mais j’y réfléchis toujours, et le fait d’y réfléchir laisse supposer que je ne vais pas tarder à le faire. Activinspire est un très bon logiciel, complet fonctionnel, intuitif, suffisamment en tout cas pour que les gamins s’y retrouvent. J’ai tout de même par curiosité téléchargé openboard. Openboard est un fork de opensankore qui est un logiciel qui a été abandonné. Il propose quelques fonctionnalités intéressantes notamment un grapheur pour les courbes mais reste très très très loin de ce qu’est capable de faire Activinspire.

Moins pratique, notamment pour supprimer des fenêtres, je l’installerai toutefois pour faire quelques essais. Pas que lui d’ailleurs, Geogebra par exemple fera partie des logiciels à tester. Mais comme pour les séances Python, on y reviendra, je me laisserais peut-être aller à faire quelques vidéos.

Avant de nous quitter dans cet article à peine mégalo, j’aimerai vous montrer cette capture dans l’esprit

Si on fait abstraction du thème de la recherche, l’intégralité de ces sites sont des fakes et c’est un problème. Dernièrement on a vu des articles qui expliquaient que les recherches Google c’était 50% de personnes qui ne cliquaient pas derrière. L’explication qui en sortait c’était que les gens trouvaient leur réponse uniquement dans les résumés qui étaient proposés si bien qu’ils n’avaient pas besoin d’aller plus loin. Pour ma part la pertinence des résultats retournés par Google est de plus en plus problématique. De faux sites à ne plus quoi savoir en faire qui vous balancent du spam, des fermes de sites web sans information, j’ai envie de dire de façon très synthétique que Google nous retourne de plus en plus de merde.

Et c’est forcément la question qui se pose, vers quel moteur de recherche se tourner sachant que Qwant c’est bing. Ce sera l’objet d’une de mes prochaines recherches. Je trouve que c’est classe ou ridicule, c’est selon, chercher dans Google une alternative à Google, faut le faire.