Lisez qu'ils disaient

Rédigé par Cyrille BORNE - - Aucun commentaire

J'expliquais dans le dernier billet que le PC était mort et que finalement s'impliquer là dedans c'était une fumisterie partielle. Pour moi l'informatique du particulier de demain c'est un terminal avec des grosses icônes à l'android qui pointent vers des services. Plus rien en dur chez soi, tout est externalisé, plus de problèmes pour le particulier. Dès lors on en revient à la question de l'enseignement de l'informatique. Apprendre à utiliser un tableur c'est utile, apprendre à taper un texte c'est utile ... Est ce que c'est vraiment si utile que ça d'ici à dix ans. Dans 10 ans on peut imaginer que la technologie aura franchement avancé, et qu'il sera facile de dicter un texte à un ordinateur pour que celui-ci l'écrive, dès lors, écrire, c'est un peu comme la calculatrice, mieux vaut savoir lire c'est plus utile, écrire à la rigueur on peut même s'en passer. Provoc ? Pas tant que ça, un peu réaliste. Écrire, lire, Facebook disait que d'ici 10 ans, l'écrit aurait disparu de Facebook au profit de la vidéo, je crois qu'à l'heure actuelle en terme de tendance, on peut faire largement plus confiance à des analystes de Facebook qu'à n'importe quel pédago. Il suffit de voir nos jeunes, en boucle sur youtube, culture de l'image à fond, lire est une corvée pour la majorité des gamins. Moi je peux très bien comprendre qu'enseigner Molière à un de nos jeunes ça le dépasse. Qu'est ce qu'on va le gonfler avec Molière quand lui s'il veut s'intéresser à Molière, il va sur le net, il trouve une vidéo et il regarde.

Poussons le raisonnement encore plus loin. Dans 10 ans peut être l'intégralité des voitures seront totalement automatisées, si notre génération sera certainement peu en confiance vis à vis de cette conduite, la génération future quant à elle en verra parfaitement l'intérêt, la fin des accidents, le temps gagné car finalement qu'importe qu'on ne mette pas le pied au plancher pour faire un trajet puisqu'on pourra corriger des copies, finir sa nuit, surfer sur le net pendant que le véhicule conduit. La moralité c'est que l'apprentissage de la conduite va lui aussi disparaître et tout le monde trouvera ça normal, même si une économie complète va avec elle disparaître, moniteur d'auto école par exemple. Pourquoi dès lors, on continue à enseigner Pythagore, on continue à enseigner des trucs qui ne servent absolument à rien et qui sont en total décalage avec la société moderne ? Et bien peut être, parce qu'expliquer à 1 million de personnes qu'ils vont devoir faire autre chose, dont moi, ce n'est pas simple. 

Le problème de l'apprentissage, c'est qu'il n'a pas su s'adapter réellement à l'évolution des meurs, des technologies, de la société. Il y a 60 ans, on faisait le théorème de Pythagore, personne ne se posait la question du pourquoi, du comment, de l'intérêt, on le faisait. De plus en maçonnerie, la réciproque pouvait avoir du sens, il y a 50 ans, la même, 40 ans aussi, si bien qu'il est logique de présenter l'éducation nationale comme un mammouth car pendant toutes ces années rien n'a vraiment changé. Car en dix ans, la société a changé certainement plus vite que dans les 40 dernières années et les enseignements ne sont plus en adéquation avec le monde de 2016. 

Le courage politique, le courage social, serait aujourd'hui de faire table rase de l'existant au complet, car il faut tout jeter ou pas loin et la vraie question pour tout recommencer c'est de se demander ce qu'on veut vraiment apprendre à nos enfants. Et le véritable courage c'est de se demander en 2016, ce dont ils ont réellement besoin. Un exemple simple. A l'heure actuelle on sait qu'on a besoin d'apprendre aux gens à ne pas taper sur les grands mères, à ne pas voler de l'argent, à être honnête, ce sont des valeurs, qui nous le savons ne pourront pas être remplacées par la technologie. On peut donc partir du principe que toute chose impérative au bon fonctionnement de la société se doit d'être imposée aux gosses, aux gens, le fameux gendarme. En outre si on fait lire du Molière ou si on fait apprendre du Pythagore, est ce qu'on répond réellement à un besoin nécessaire à notre société, à son fonctionnement ou est ce qu'on fait plaisir à des pédagos qui ne comprennent pas le monde dans lequel nous vivons. 

Pendant plusieurs années je me suis battu avec mes gosses pour qu'ils lisent comme tout une génération de gens se battent avec les jeunes pour qu'ils lisent, car on lit, et ça paraît naturel que tout le monde lise comme à une époque ça paraissait naturel de faire des saignées pour soigner les gens. C'est peut être eux qui ont raison de regarder leurs vidéos débiles de youtube, tant qu'on n'a pas prouvé le contraire, ils sont peut être en marche avec l'avenir. Si on peut difficilement se suppléer à l'éducation nationale ou aux gens qui construisent les programmes, notamment parce que ce serait scier la branche sur laquelle je suis encore assis, il est légitime de s'interroger sur ce qu'on veut transmettre à nos gosses. Je renonce à la curiosité, tant pis même si elle me paraît indispensable pour avancer, je ne dérogerai par contre pas sur la rigueur, sur savoir faire à manger, sur le respect des heures, des autres, tout un tas de choses que les machines ne pourront pas nous apprendre, tant de détails du quotidien qui ne me paraissent pas négociables, pour le reste, l'avenir, le progrès, toutes ces données que nous ne maîtrisons pas, espérons que nous seront là pour le voir.

Comment le PC est déjà mort et qu'on vient juste de l'apprendre

Rédigé par Cyrille BORNE - - 10 commentaires

Vous ne vous en êtes pas rendu compte mais on vient indéniablement d'annoncer la mort du PC, je vous donne la raison en deux mots : playstation now. Le playstation now est un système qui permet de jouer en streaming aux jeux PS3, 300 à l'heure actuelle, directement sur votre PC quelle que soit la puissance de votre machine. Et c'est ici que tient toute la subtilité de la chose, quelle que soit la puissance de votre machine, puisque la seule chose qui compte ici c'est votre débit, le jeu est streamé, vous ne jouez pas vraiment chez vous mais sur une machine distante. 

La mort du PC on la voyait avec les tablettes, on la voyait avec les smartphones mais le souci c'est que ces appareils sont complémentaires, ils ne remplacent pas la machine, sa puissance de calcul, ses possibilités. Le jeu, comme vous avez pu me voir l'évoquer dernièrement fait partie des bastions du PC, tu veux jouer dans une résolution qui claque, tu mets 1300 € sur la table. Avec la technologie de streaming, le hardware n'a plus aucune importance puisqu'il suffit simplement d'avoir le débit qui passe. Quel intérêt alors d'avoir la dernière carte graphique ? Un processeur de la mort ? Aucun. On peut même déjà l'étendre à d'autres composants, quel intérêt d'avoir douze To de stockage à son domicile puisque le cloud permet d'externaliser l'intégralité de ses données. 

Avec cette attaque directement dans un des coeurs de métier du PC, il faut comprendre qu'on est en train de mettre la main entière dans la matrice. De simples terminaux à domicile, l'intégralité de nos données, de nos programmes à l'extérieur. Disparition du piratage, plus de problèmes de licences pour les industriels, pour l'usager fini la maintenance informatique, les mises à jour, la segmentation logiciel comme l'évoquait dernièrement Cascador. Sur le papier énormément d'avantages mais dans les faits, on est en train de se monter sa petite prison numérique. 

Certes ce n'est pas encore pour demain, mais c'est dans cette direction que l'informatique se dirige et je suis convaincu quelque part que c'est un mal pour un bien. Il apparaît que les gens ne comprennent rien à ce qu'ils font avec les ordinateurs, un terminal simple où tout est pris en charge c'est finalement pas trop mal. Malheureusement la contrepartie est lourde, perte complète de la main sur les données personnelles, perte complète de la notion de choix, vous ne pourrez peut être pas installer ce que vous voulez sur ce fameux terminal, comme votre téléphone ne vous permet pas de supprimer certaines applications, vous impose de plus en plus de choses.

Ce qu'on doit retenir principalement c'est que les solutions libres passeront indéniablement par des solutions de type auto-hébergement ou auto-gestion, avec la possibilité de ne connecter d'ailleurs qu'un simple terminal, on peut déjà le faire partiellement aujourd'hui avec les nombreux outils qu'on peut auto-héberger soi-même et un poste faisant office de client léger. Tout ceci nous ramène aussi à la mort du bureau tel que nous le connaissons, les efforts qu'on déploie sont finalement vains, il devient urgent de faire des bureaux allégés, simplifiés, penser le bureau comme un simple client d'une solution serveur quant à elle largement plus complexe et puissante. 

Communiquer avec le prof : le modèle BORNE

Rédigé par Cyrille BORNE - - 6 commentaires

Si vous traînez sur les réseaux sociaux libres, vous croiserez certainement Chris qui est un monument, une sorte d'incontournable, un peu comme la tour Eiffel à Paris, le truc que tu sais que tu dois forcément aller voir. Chris a quelques super pouvoirs, mon préféré étant de ne pas lire la réponse de son interlocuteur si bien qu'il vous repose cinquante fois la même question, et ne lira pas cinquante fois la réponse faite, si bien qu'au bout d'un moment on arrive à ne plus répondre. Il a écrit un article court et truffé de fautes d'orthographes, cela fait aussi partie de son charme quant à la communication entre les enseignants et les élèves, il explique le modèle Suisse, il m'interpelle, je vais donc expliquer le modèle BORNE. 

La communication avec les élèves se fait selon le degré d'urgence, on va considérer qu'ici il ne s'agit pas de communication pendant la période des cours mais de communication à l'extérieur. Car, on a beau penser que la technologie c'est super, mais le hurlement à travers la cours de récréation est encore le meilleur moyen de communiquer avec ses élèves. Le domaine de mon établissement est grand, trouver un élève relève souvent de la chasse, c'est un sport que je pratique régulièrement. Donc quand je cherche à communiquer avec un élève, j'essaie de le trouver en face à face. 

La communication à l'extérieur se fait par le biais de scolinfo, c'est à dire notre ENT. Je vois ici que l'enseignant Suisse utilise Whatsapp qui est la propriété de facebook, c'est une hérésie, c'est à dire que l'enseignant pour communiquer sur des dossiers sensibles, personnels, utilise une application propriétaire qui va pomper les données en chemin. Alors effectivement on va dire que les données type "tu n'as pas fait signer ton contrôle ou il te manque le document machin pour le brevet des collèges" n'intéresse pas facebook, mais il s'agit là d'une question de principe, c'est comme si dans un réseau d'entreprise où l'on traite de formules qui pourraient faire péter la planète on passer par twitter avec des RT et des like. La professionnalisation de notre métier où tout le monde nous juge comme des branquignoles d'amateurs qui vivent en vacances doit passer aussi par la compréhension des outils qu'on utilise, les logiciels grands publics et non contrôlés n'ont pas de sens dans l'éducation, beaucoup d'enseignants qui utilisent facebook pour communiquer avec leurs élèves ont du mal à le comprendre, j'essaie parfois de titiller en leur demandant s'ils prennent leur rendez vous parents profs sur Meetic. A noter toutefois que même si la solution Aplon / Scolinfo est un outil professionnel, on peut discuter très largement sur ses qualités et sur le professionnalisme qu'il y a derrière, on peut comprendre pourquoi certains profs passent par les réseaux sociaux, il y a des romans à écrire sur les bugs, les anomalies et les drôleries comme changer le logiciel de messagerie dans le courant de l'année scolaire.

Enfin, lorsque la situation l'impose car l'ENT est malheureusement moins regardé que la page Facebook, je donne mon numéro de téléphone sans aucun problème. Je n'ai jamais eu de corbeau, les gosses sont respectueux, les parents n'hésitent pas à appeler pour les bonnes raisons, ça permet de régler les choses en direct. Il faut comprendre que peu de profs le font, pour la simple et bonne raison que nombreux sont les enseignants qui essaient au mieux de maintenir une espèce d'armure, le masque qu'ils ont envie de montrer. Du fait d'avoir bossé en équipe et d'avoir montré mon code, je crois que quand tu as montré ton code, tu t'es mis à nu, on sait tout de toi, tu peux donc tout montrer. Plaisanterie mise à part, effectivement, je ne porte pas la croix de nombreux enseignants qui ont peur du jugement de l'autre, le monde de l'entreprise fait que j'ai l'habitude d'avoir des gens qui regardent dans mes affaires. On rajoutera à ça que j'expose ici publiquement certains aspects de ma vie privée, je n'ai donc pas le besoin de mettre une barrière, un champ de mines, des barbelés, du verre pilé sur un mur de quatre mètres de haut pour protéger ma vie privée, les gens qui m'ont croisé en vrai pourront témoigner que je suis aussi bizarre qu'en ligne. 

Le véritable problème ici et c'est un problème d'ordre mondial, une réflexion nationale en ce moment, ce n'est pas le moyen, on trouve toujours un moyen, mais l'encadrement des horaires. En effet, déjà qu'en terme de masse horaire, le métier est particulièrement mal encadré et que je serai le premier à applaudir le jour où on mettra une pointeuse pour quantifier le travail réellement réalisé, est-il normal d'être à la disposition d'un élève comme l'explique Chris pour savoir si un bouquin a été bien recouvert, je trouve ça pour ma part totalement aberrant. Mon gosse c'est moi qui regarde si ses bouquins sont couverts correctement, l'enseignant n'est pas le parent dont la mission elle est définie 24 heures sur 24. Est-ce que je dois répondre à un mail à 4 heures du matin ? Est-ce que je dois répondre à un mail pendant les vacances ? Dois-je être à l'entière disposition de mes élèves et de leurs parents quand ils ont décidé qu'ils avaient besoin de moi ? Absolument pas, et c'est ici que la réflexion se fait, y compris sur le terrain de l'entreprise où l'on demande désormais dans certaines boîtes de ne plus envoyer de mails après 20 heures par exemple, parce qu'après le travail, c'est plus le travail, sinon on continue de travailler sans être payé pour l'être. 

Moi le premier, j'ai tendance à faire flipper tout le monde à envoyer des mails à 6 heures du matin et dans la même journée à minuit, c'est une habitude qui va disparaître et fera partie des bonnes résolutions de cette rentrée 2016, communiquer à heure raisonnable, ne pas répondre quand l'heure n'est pas raisonnable non plus. 

En bonus, je viens de voir passer ça ce matin : WhatsApp va partager notre numéro de téléphone et d'autres données personnelles avec Facebook. Hey hey !!!

 

Trop de jeunisme tue la restauration

Rédigé par Cyrille BORNE - - 6 commentaires

Il y a un peu plus de deux ans à Saint-Pierre la Mer, les principales affaires du bord de mer se sont vendues. Je vais citer ce que je qualifierai de réussite, le bubble café où les propriétaires ont investi fortement pour transformer le vieux café en une affaire moderne et prospère, une jolie terrasse, de grosses glaces pas trop chères et des crêpes plutôt réussies avec en plus une ouverture qui va au-delà de la saison ce que j'estime être un engagement pour les locaux. En front de mer, les deux brasseries principales ont donc été renouvelées, on parle quand même d'espaces minuscules vendus pas loin du million d'euros. Nous mangions régulièrement à l'une d'entre eux, le fait de ne plus être vacancier mais à plein temps fait qu'on a tendance à être moins dans l'esprit vacances si bien qu'on va moins au restaurant tout simplement, nous avons franchi la porte de l'un d'eux parce qu'on voulait manger gras.

Pour comprendre le contexte, il s'agissait d'une affaire de famille avec un personnel récurrent qui revenait à chaque saison et relativement agé. Comprenez, des gens jusqu'à l'âge de 30 à 40 ans, et qui connaissaient le métier. Nous arrivons, nous nous tenons devant le restaurant et on attend de se faire placer comme le veut la tradition d'une brasserie qui sert plusieurs centaines de couverts par jour. Le serveur est jeune, certainement pas 25 ans, il faut l'interpeller pour lui faire comprendre que nous voulons manger. Il faudra l'interpeller pour avoir de l'eau, il faudra patienter trente minutes pour avoir la commande à 13h30 passées donc un restaurant plein mais pas trop, avec un minimum de 10 personnes travaillant alors qu'il y en avait deux fois moins avant. Je regarde les serveurs, le personnel, je souris. J'en vois un des boutons à faire s'évanouir n'importe quel commercial Biactol, essayer de se faire pousser la barbe, des trous dedans, parce qu'il est trop jeune pour avoir des poils de partout. Les jeunes sont tous fumeurs et vont fumer régulièrement leur cigarette, il semblerait que la pause soit open bar, le petit vent de bord de mer ramenant la fumée dans la tête des gens, qu'ils soient fumeurs ou non, même des enfants. 

Bien évidemment vous aurez compris que je n'y remettrai plus les pieds, mais en fait ce n'est pas réellement ça qui a de l'importance. Dans le restaurant, seule la patronne avait un âge qu'on qualifiera d'avancé, les gamins avaient certainement tous une moyenne d'âge inférieure à 25 ans et n'étaient pas du métier. Vous me direz qu'il faut bien commencer un jour et je vous dirai que vous avez parfaitement raison, mais comment 10 gamins peuvent être laissés à l'abandon dans une affaire colossale de bord de mer sans référent, sans expérience ? 

Par chez nous, le touriste comme je l'ai déjà souvent écrit est plutôt âgé, marié, en famille. Comprenez que pour lui avoir un gars frais et dispo au sourire impeccable qui se présente ou une danseuse de pole dance, pourquoi pas, mais l'attente est ailleurs, manger vite, manger bien, surtout manger vite parce que Kevin de 6 ans s'il a pas ses frites dans les 5 minutes il va commencer à s'attaquer aux goélands pendant que Kevina sa soeur de 14 ans déclenchera la guerre mondiale avec snap. A penser qu'il vaut mieux prendre 15 gamins et les payer au lance pierre plutôt que des gens plus âgés et largement plus compétents, je ne donne pas cher de l'affaire, le classement trip advisor qui fait la pluie et le beau temps s'en ressent largement d'ailleurs, je ne dois pas être le seul à penser que c'était mieux avant.

A croire que n'importe qui a la capacité de poser une assiette n'importe comment sur une table c'est oublier que la restauration est un métier, que le service c'est aussi une histoire de professionnel, et que comme tout ça s'apprend et que pour apprendre c'est bien plus simple et plus efficace d'apprendre d'une personne expérimentée que d'un gamin qui a démarré en même temps que soi. Effectivement avec l'âge, la probabilité que je trouve des gens plus jeunes que moi augmente, néanmoins cette année c'est probant, j'évoquais la chute du tourisme dans le coin, au niveau national cela s'est confirmé. Néanmoins le jeune saisonnier à pas cher n'a jamais été aussi présent que cette année avec une incompétence palpable. Certains restaurateurs mettront certainement l'échec de la saison sur le contexte français, et se réjouiront d'avoir fait des économies sur la main d'oeuvre sans réaliser que c'est leur réputation qu'ils vont saigner derrière, leur activité à terme. 

Du Daniel Guichard c'est dur mais c'est juste, c'est le vieux de Daniel qu'on devrait embaucher.  

Ca fait partie de mon passé

Rédigé par Cyrille BORNE - - 8 commentaires

Ça fait souvent marrer les gosses, j'ai tendance à dire de façon systématique que ça ira mieux dans six mois, mais en gros chaque six mois ou même avant. Très sérieusement, je commençais à y croire : j'ai récupéré l'intégralité de mes heures par le ministère pour la rentrée et j'ai un établissement définitif, ça va être la foire à la rentrée pour la paye avec le décalage mais c'est bientôt terminé, dans moins de 6 mois ma mère part à la retraite ça va être la foire pour les papiers, on vient de changer la clio et prendre une magnifique Citroen C1, rembourser un crédit qui traînait, en décembre on récupère le garage, non réellement je commençais à y croire. Malheureusement la vie est ainsi faite et me voilà en ce mercredi matin à l'hôpital de Montpellier, Lapeyronie, 110 km de route en passant par l'A75 qu'on devrait appeler autoroute Bornienne, cette sainte autoroute qui permet d'éviter la maudite A9. Je dois reconnaître que ma femme quand elle choisit d'avoir un problème médical, le fait avec élégance, il faut désormais voir les professeurs à la capitale car les médecins de Narbonne sont incompétents et malheureusement ce n'est pas un propos acerbe mais une tendance qui se confirme tant on connaît des gens qui se font soigner sur Beziers ou même Perpignan. Personne ne va mourir, ma femme a simplement des problèmes de genoux, elle peut remercier ses parents qui l'ont ainsi faite et moi par la même occasion, les escaliers sont du genre le truc à éviter, elle a donc trouver un prétexte pour nous faire déménager dans quelques années et quitter la maison dans laquelle j'aurai laissé mon dos et accessoirement deux marteaux piqueurs. Les hommes mariés feront un "c'est ballot" en lisant ces quelques mots mais savent que nous en sommes tous là, les jeunes qui lisaient ces quelques mots, fuyez le mariage, fuyez les femmes, c'est le piège le plus gros de l'humanité.

45 minutes de retard, je prends les gosses et on va visiter ou plutôt redécouvrir ce qui fait partie de mon passé. Car, l'hôpital Lapeyronie se situe en face de la cité universitaire la Colombière où j'ai passé 6 ans pour mes études, cela faisait donc plus de 15 ans que je n'avais pas remis les pieds. La boulangerie est toujours en place, la cité universitaire qui avait la réputation d'être la plus pourrie est en profonde reconstruction, je ne sais pas à quoi ressemble une chambre de cité U aujourd'hui mais 9 mètres carrés, c'était une ambiance pour le moins spartiate. Nous sommes remontés en direction de la cité universitaire, étonnant de voir la laverie en bois tout pourri encore debout, de découvrir que le docteur Paissin et Trinh Van Dam une caricature à lui tout seul avec son fort accent asiatique ont toujours le même cabinet. Le commerce du "docteur Proby", les appartements tout autour de la fac a l'air prospère, youpla, boum, un grand panneau pour inviter le jeune bourgeois à venir louer son appartement à raison d'un bras par mois, merci papa, merci maman. Nous arrivons vers la faculté des sciences et devant le restaurant le Triolet tellement dégueulasse qu'on traversait l'intégralité de la fac de sciences pour aller manger à Vert Bois, le restaurant universitaire de la faculté des lettres comme si les philosophes et la nourriture spirituelle n'était pas suffisante ou que le scientifique peut avaler les deux. 

Nous remontons vers l'hôpital en passant par la fameuse Colombière, si vous passez dans la région de Montpellier et qu'on dit à quelqu'un qu'il va finir à la Colombière, c'est tout simplement parce qu'il s'agit d'un hôpital pour les fous. Parfois quand on prenait le bus pour aller à la cité universitaire du même nom, il nous arrivait de voyager avec les moins frapadingues d'entre eux. Il y en a un dont j'ai un souvenir pas réellement tendre qui hurlait dans le car en insultant sa main. 

Les années à Montpellier, c'est ma jeunesse, c'est la ville où je pensais faire ma vie. Désormais, elle s'associe à la punition, l'hôpital où il nous faudra retourner, le lycée Agropolis pour faire les oraux du BAC. Heureux qui comme Cyrille désormais vit face à la mer, dans l'attente de voir dégager les nombreux touristes qui profitent de la canicule pour se sentir mieux en bord de mer. 

La référence pour le titre c'est Fabe, ça fait partie de mon passé, le rap de qualité, je crois que ça fait partie de notre passé à tous.

La cité universitaire de la Colombière en travaux, franchement changé, la couleur c'est joli

la faculté des sciences quant à elle n'a pas changé, limite immuable

pareil pour le restaurant universitaire, j'espère pour les jeunes que la nourriture a changé
 
La cité universitaire du Triolet quant à elle est en travaux aussi, déjà à l'époque ils étaient en pleine réfection, ici c'est vraiment le gros oeuvre
 
 
Ce rond point avec le donut et la saucisse, je salue la classe et l'élégance
 
 
Tramway et hôpital psychiatrique de la Colombière, du rêve à la Montpellier
 
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