Le Blog de Cyrille BORNE

Votre spécialiste du déréférencement

Professeur au lycée Agricole Bonne Terre de Pézenas

Rédigé par Cyrille BORNE - - 2 commentaires

Cela fait deux jours que je n'ai pas pris le mic, comme on dit quand on est un vieux rappeur des années 90. Depuis mardi, le serveur Affelnet est ouvert, c'est donc l'inscription pour les élèves de troisième en seconde, ou les joies de la dématérialisation. En effet on entre le numéro INE, ce fameux identifiant de l'enfant et on pourrait imaginer qu'il sorte par défaut un nom, un prénom, une date de naissance, éventuellement une adresse, rien du tout, il faut tout faire à la main. C'est long, la saisie des voeux est longue, je n'ai pas encore l'intégralité des notes, ce sera long, souvent je prends mon téléphone pour appeler une maman parce que le voeu n'est pas assez précis ou il est inexact. Lorsque ceci sera fini, les livrets de compétence, les fiches brevet, les fins d'années sont toujours difficiles, celle-ci un peu plus car je quitte mon établissement, j'ai obtenu ma mutation pour le lycée agricole Bonne Terre de Pézenas. Pour vous montrer la situation globalement c'est ça :

On ne peut pas réellement parler de mi-chemin, on peut tout de même parler de 50 kilomètres de trajet en moins par journée de travail, de 35 minutes de route au lieu d'une heure quand tout va bien. Géographiquement le lycée est situé en sortie d'autoroute, je prends un rond point et j'y suis, pour Clermont l'Hérault, j'ai toute la zone commerciale à traverser, c'est beaucoup plus tendu. En terme de structure, c'est une nouveauté pour moi, j'ai passé douze dans des structures de moins de 150 élèves, ici c'est un lycée qui je pense a plus de 400 élèves, une trentaine de professeur, des infrastructures conséquentes, c'est donc un monde nouveau pour moi.

Donc fin d'année chargée car je documente énormément pour mes collègues qui vont devoir passer derrière moi, je vérifie le matériel, je mets à jour les postes, petit vent de panique au niveau des élèves ce qui entraîne des migrations en masse vers Linux, ou des décontaminations. Quand dernièrement je m'interrogeai sur la mise à jour de debian en version facile sans éditer le sources.list, ou que je parlais des problèmes de livrer les utilisateurs à eux mêmes quand on s'en va, ben vous comprenez pourquoi. Abandon, c'est ce que j'ai pu lire dans le visage de pas mal de monde, les enfants notamment, de ces petits quatrièmes qui pensaient m'avoir en troisième à mes élèves de première qui pensaient que je leur ferai passer le BAC l'an prochain, tristesse et reproche dans les regards. La différence tout de même, c'est que tout ce beau monde est à 25 km de mon nouvel établissement, s'il y a un problème je me déplacerai.

Ce n'est pas de la prétention mais une réalité, l'enseignement agricole est un enseignement à part, où les liens sont forts et les élèves aussi difficiles soient-ils, sont tout sauf des ingrats, j'ai régulièrement des nouvelles d'anciens élèves qui m'écrivent alors qu'ils m'ont subi dans le Cantal, quatre ans déjà.

Aucune appréhension, quelques convictions. Celle du travail, le travail fait beaucoup, l'humanité aide pas mal aussi, puis une nouveauté, le recul, c'est désormais mon troisième lycée, je vais faire mes quarante ans et de la même façon que j'ai pris du recul dans mon attitude face au libre, en aucun cas je ne ferai la révolution et me contenterai de donner des conseils, uniquement si on m'en demande. Comme je le précisais en introduction, si le lycée Le Cep d'Or, petit lycée était un no man's land de l'informatique où tout était à faire, j'arrive ici dans une grande structure et me conformerait en toute logique aux installations en place, si on me demande d'y mettre les mains dedans par contre ... ;-)

Nous voilà repartis vers une nouvelle aventure, j'espère en toute sincérité que ce sera la dernière, car à quarante ans je commence quand même à devenir un peu trop vieux pour ça. Je le pense toutefois, la situation géographique idéale par rapport à mon domicile qui lui ne changera pas, une institution solide, à moins d'un aléa de la vie ou l'enseignement agricole qui se ferait avaler par l'éducation nationale, j'espère que j'ai trouvé la terre sainte pour le travail.

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Vers un probable changement de distribution personnelle

Rédigé par Cyrille BORNE - - 18 commentaires

Un collègue m'a donné un ordinateur que j'avais déjà réinstallé pour sa fille, elle l'avait moisi à l'époque, il s'agit d'un aspire one de chez Acer. La réinstallation de mémoire provenait du fait qu'il était moisi mais aussi parce qu'on arrivait à la fin du support de Windows XP, d'où le passage à Linux. Il s'agissait d'une version de Xubuntu 13.10 (« The Saucy Salamander ») et le PC n'avait pas été mis à jour depuis car le PC n'avait pas été utilisé, son père le récupère pour son usage personnel et flash n'était pas installé dessus. Assez rapidement je me suis rendu compte qu'il était impossible de télécharger flash, je suppose que vu l'ancienneté de la version les dépôts sont morts, le PC étant resté dans le placard n'a jamais été mis à jour, ce qui va devenir un problème de fond, ce n'est pas la première fois que je le constate, dans les premières informations pour les gens qui utilisent Linux, il faut insister sur les mises à jour.

J'ai donc effectué une mise à jour violente de la 13.10 à la 15.04 et c'est pas formidable, des bugs en pagaille, des paquets qui ne peuvent pas s'installer, des problèmes de résolution de dépendance, et je dirai que c'est bien normal, le saut est quand même particulièrement important. J'ai donc voulu faire une installation propre, finalement plus rapide notamment pour un poste sur lequel il n'y avait rien à part l'installation de base, du fait de l'ancienneté relative de la machine, j'ai réalisé que le processeur ne supportait pas le 64 bits, téléchargement du 32 bits. L'installation est bizarre, le PC se met en veille toutes les trois secondes d'inactivité. Le message c'est "acpi pcc probe failed", je découvre assez rapidement que des gens ont le même problème depuis le passage à la 15.04, je finis par mettre une 14.04.2, la LTS, ça passe. Une fois que j'ai installé le pilote broadcom tout fonctionne, lentement mais ça fonctionne.

Des problèmes de lourdeur y compris sur des machines relativement récentes, cette version 15.04 de Ubuntu nous rappelle que la distribution numéro 1 est de plus en plus gourmande. J'évoquais la nécessité du 32 bits pour cette machine, l'abandon du 32 bits est prévu, à l'état de rumeur à l'heure actuelle, si cela se produit, qu'adviendra-t-il de cet ordinateur qui restera figé dans le temps. De la même manière, on m'invite régulièrement à utiliser la LTS plutôt que la version courante, à raison je pense. Néanmoins tout ceci rappelle qu'Ubuntu et stabilité ça ne rime pas toujours ensemble, que le cycle imposé des 6 mois n'est pas une riche idée, et qu'à l'instar des autres systèmes d'exploitation même si Microsoft a l'air de vouloir faire des efforts sur son 10, Ubuntu n'échappe pas à l'obésité et induit de cette façon une obsolescence programmée pour le matériel, y compris du matériel qui fonctionnait bien sous Ubuntu pour une version précédente.

Je suis actuellement un peu occupé, nous y reviendrons très prochainement, mais je pense revenir à debian le plus rapidement possible tant la sensation de lenteur et de ralentissement est oppressante sur ma propre machine. 

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RSS Graffiti est mort

Rédigé par Cyrille BORNE - - 7 commentaires

RSS Graffiti est, enfin était, une application qui permettait de balancer les contenus d'un flux RSS dans facebook, plutôt pratique pour avoir une page facebook qui vit tout seul, ce que j'avais mis en place dans le cas du lycée. La faute à pas de chance, les créateurs de l'application annoncent qu'ils n'ont pas réussi à monétiser leur produit, si bien qu'ils mettent la clé sous la porte. Ce n'est pas le cas de la page du lycée qui n'est pas un vrai compte, on y viendra plus loin, et je pense que c'est lié, mais de nombreuses personnes se plaignent d'avoir perdu des centaines de pages d'annonces qu'ils piochaient certainement sur leur blog pour éviter d'avoir à le faire à la main.


J'ai commencé à regarder les alternatives, il en existe mais avec la problématique de posséder un vrai compte facebook et pas une page fan, ce que je ne ferai pas pour l'instant, je vais donc refiler le bébé à un collègue qui a une vraie page.

Pour un établissement scolaire, avoir une page facebook me parait indispensable puisqu'il s'agit de l'internet des jeunes qui à part ce réseau social n'utilisent pas grand chose sauf pour le travail c'est à dire Wikipedia. Il est donc normal pour un lycée d'exister dans cet endroit. Pour un individu, un blogueur, quelqu'un qui ne s'adresse pas nécessairement aux jeunes, je reste plus dubitatif du fait des artifices qu'il faut créer pour faire du push depuis la source d'origine vers les différents réseaux sociaux.

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Réforme et niveau qui baisse, la bonne équation ?

Rédigé par Cyrille BORNE - - 8 commentaires

Je lisais la dernière enquête sur le niveau des élèves en mathématiques, et parallèlement Réforme de l'Éducation Nationale: la malédiction de l'échec. J'aimerai m'arrêter sur cette partie de l'enquête :  "L'écart social se creuse. Le collège sait bien faire réussir les bons élèves et les élèves favorisés". Plutôt que de vous sortir un baratin pédagogique que je ne maîtrise, pas, je vais vous parler de mon fils. Mon fils est arrivé à l'âge de 6 ans en France et n'aime pas l'effort intellectuel, ce n'est pas honteux, il n'est en aucun cas un fainéant, et pour cause quand je vois le travail qu'il abat pendant le chantier cailloux, je ne me fais pas de souci particulier. L'enfant adopté qui est premier de la classe parce qu'il est un warrior, un professionnel de la survie, personnellement si vous me le demandez ben je vous dirai pas chez moi, nos enfants ne sont pas des champions de la scolarité. La combinaison d'une arrivée tardive en France avec pour langue maternelle le Russe, d'un manque de volonté évident de se coller sérieusement dans les bouquins, font que mon fils a de grosses lacunes en vocabulaire, ne comprend pas grand chose à la grammaire, et par effet de bord va passer à côté dans certaines évaluations pour l'histoire par exemple. C'est une peine pour moi, non pas pour mon amour du français, des mots et que je sais qu'il y a peu de chance que le blog soit repris par les gosses à ma mort, mais parce que je le vois passer des heures pour faire ses devoirs en prenant le problème par le mauvais sens. S'il avait fait l'effort de lire, il aurait moins de difficultés en français et par conséquent passerait moins de temps à faire son boulot, tout le monde le lui a dit, mais on ne donne pas à boire à un âne qui n'a pas soif.

Avec un premier trimestre en sixième aux environs de 13 de moyenne, au second trimestre il était à plus de 14 avec la plus forte progression de sa classe, trois élèves seulement avaient progressé dans le groupe. L'explication est simple, le pauvre gosse vit avec moi, professeur psychopathe. Le travail est contrôlé, les leçons sont apprises, je fais faire des exercices supplémentaires quand je vois que ce n'est pas maîtrisé, la scolarité de mon fils c'est un travail d'équipe, je coache à plein temps. Ma femme me dit que je suis fou, même si elle fait plus ou moins la même chose avec la petite qui aura droit au même traitement à son arrivée au collège, je sais que je ne favorise pas l'autonomie, mais connaissant mon fils, si je ne suis pas derrière, les choses ne se feront pas. Dans mon entourage au niveau de mes collègues, on trouve des comportements qui sont relativement similaires, un fort suivi, une grande implication parentale. je suis prof, j'ai du temps, nous sommes deux, nous avons en plus l'habitude, chez les gens qui n'ont pas le temps mais qui ont de l'argent il y a toujours de quoi payer des intervenants à domicile.

Je travaille avec des élèves qui ont souvent moins de chance, problèmes d'argent, problèmes de couples, l'école arrive bien loin dans les préoccupations du quotidien et il est difficile pour quelqu'un qui va élever parfois seul son enfant de réussir à tout faire. S'il y a trente ans l'école paraissait plus simple, c'est qu'il y a trente ans maman était souvent à la maison, le salaire de papa suffisait pour nourrir la maisonnée, si l'enseignant haussait la voix ou se permettait de coller une gifle dans la tête de Kevin, il ramassait le double à la maison, tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes. C'est ironique, il n'y a qu'à voir les relations difficiles dans les familles de ce type entre les enfants qui ont maintenant 40 ans et leurs parents de plus de 60 pour comprendre que le système du ferme ta gueule et travaille n'est pas forcément idyllique malgré quelques avantages évidents.

Je ne porte pas d'avis particulier sur la réforme du collège, on parle de nivellement par le bas, malheureusement il y est déjà et depuis bien longtemps avec la complicité des enseignants. Il y a dix ans je donnais un coup de main aux élèves de BEP ou de BAC PRO dans le Cantal pour la rédaction des rapports de stage, pour être exact nous rédigions les rapports car les élèves n'étaient pas capables de les écrire. Je vois le 14 de moyenne de mon fils, je le relativise, dictées préparées qui n'existaient pas quand j'avais son âge, copies truffées de fautes de français en tout genre, il y a 25 ans on aurait pris zéro quelle que soit la matière, aujourd'hui on juge les idées et ceci jusqu'au BAC, comme me l'expliquent mes collègues correcteurs des épreuves. Quelle que soit la réforme qui passera, les professeurs se sont adaptés depuis bien longtemps à un niveau qui ne cesse de baisser.

Que se passe-t-il depuis 30 ans ? La cellule familiale qui se casse la gueule, en lien étroit avec l'emploi, parce que le manque de fric dans un foyer ça casse le couple, tout est lié, jusqu'à la scolarité des enfants qui passe après quand il y a plus urgent à régler. On met souvent en avant le modèle nordique d'un point de vue pédagogique, mais en aucun cas on ne parle du taux de divorce, de l'emploi et du reste qui pourtant ont un impact direct sur la scolarité des enfants.

Il serait simpliste de dire que si on donnait du travail à tout le monde, que si les couples ne se brisaient pas au moindre écueil, l'école serait sauvée, je pense néanmoins que cela y contribuerait un peu ou beaucoup. Ce qui est certain, c'est que la réforme de l'école devrait s'accompagner de mesures qui vont au delà du simple contexte pédagogique mais bien s'étendre à une réflexion de fond sur la cellule familiale. Mon frère et moi, faisons partie des gens qui ont fait "mieux que leurs parents" d'un point de vue catégorie socio professionnelle, aujourd'hui ce miracle est en train de complètement disparaître parce que le bon élève aujourd'hui c'est celui qui a des parents qui s'occupent de lui, il devient urgent de réfléchir à l'école pour les démunis, ceux qui n'ont personne à la maison pour poser le cadre, pour vérifier les devoirs, pour remettre l'école, le travail au centre des préoccupations de l'enfant, avant le loisir.

Prince of Persia les deux royaumes ou la poutre Assassin's creed avant l'heure

Rédigé par Cyrille BORNE - - 1 commentaire

Après un second épisode assez décevant tout de même du fait des nombreux bugs et d'une fausse liberté dans le jeu où l'on avait tendance à se perdre, on retrouve avec ce Prince of Persia les deux royaumes l'ambiance du premier épisode si dépaysant. Le prince de perse revient à Babylone (shoot ?) avec l'impératrice du temps qu'il a réussi à sauver. La faute à pas de chance c'est la baston la plus complète et pour cause, le vizir du premier épisode vient prendre le contrôle de la ville et de la dague du temps, relâcher les sables dans la foulée, devenir un demi dieu et transformer tout le monde en monstre, la routine. Décidément le prince de Perse ne s'en sort pas avec ses boucles temporelles et ce coup-ci il est lui même atteint par les sables du temps, en tout cas en partie, il est corrompu si bien qu'à certains moments il va se transformer en super méchant qui poutre tout ce qui bouge avec des chaînes. La contrainte dans ce mode, c'est que le prince a sa vie qui diminue, il faut récupérer du sable pour la faire remonter, on a donc un peu l'équivalent des scènes où l'on se faisait poursuivre par le gros démon du second en quand même largement plus jouable. D'ailleurs de façon générale le jeu se veut plus accessible, plus distrayant, et c'est le cas il est plus agréable.

Pourquoi ce titre ? Le prince de Perse en a fini avec les grosses épées qui finissent par casser les murs, le prince n'a que la dague du temps et les armes qu'il peut récupérer sur les monstres. Du fait de se retrouver avec son petit couteau, tout seul avec son couteau et sa b...ravoure, on dirait du Augier, on va pouvoir infiltrer et assassiner si on appuie bien sûr au bon moment. Selon sa façon de jouer, cela change radicalement le gameplay, pour ma part je vais de façon systématique à l'essentiel en sautant dans le tas et en poutrant tout le monde, ça fonctionne aussi bien. Autre point commun, une course de char qui ne sera pas sans rappeler Assassin's Creed II. La promenade sur les toits de Babylone rappelle bien sûr la Jérusalem du premier opus avec Altair.

Le jeu se dote désormais de boss, de variations de gameplay assez surprenantes, la course de char en est une, la prise de contrôle d'un géant pour casser des portes en est une autre, l'alternance avec le côté obscur du prince, la narration sont autant de points qui réconcilieront les joueurs relativement déçus par le deuxième.