Le Blog de Cyrille BORNE

Votre spécialiste du déréférencement

HubicFuse

Rédigé par Cep - -

Je ne présenterai pas le système de stockage en ligne de Hubic. Voir pour cela :
https://hubic.com/fr/offres/

Jusqu'à il y a peu pour synchroniser depuis son pc sans passer par un navigateur web depuis Linux il fallait utiliser des solutions un peu «spéciales» mais qui avait le grand mérite d'exister et fonctionner dans de bonnes conditions, en récupérant un utilitaire ici. Mais depuis peu a été développée une solution plus « linuxienne », hubicfuse dont on peut suivre le projet sur github. Sur le Readme est expliquée la méthode pour compiler le produit.

Sur Debian Sid et Jessie nous avons maintenant un paquet deb directement dans les dépôts et maintenu par Sylvestre Ledru. Voir en fin de billet une méthode pour Ubuntu 12.04 Nous allons donc voir comment l'utiliser après l'avoir installé avec un sudo aptitude install hubicfuse.

Configuration et utilisation :

Si ce n'est déjà fait ajouter ce que l'on appelle une application dans son espace personnel sur https://hubic.com/home/browser/developers/
Donner à cette application le nom que l'on veut. Le domaine de redirection devra impérativement commencer par https://   et se terminer par / et l'on peut mettre ce que l'on veut, il n'est pas nécessaire que le domaine existe. En ce qui me concerne j'ai mis hhttps://cepcasa.org/ttps://cepcasa.org/
Vous sera attribué ensuite un client_id commençant par api_hubic et un autre mot de passe, appelé client_secret

Muni de toutes ces informations créer à la base de son /home/ le fichier de configuration .cloudfuse contenant :

username=
password=votre_mot_de_passe_hubic
client_id=api_hubic_xxxxyyyyyy
client_secret=pass_indique_lors_creation_application
redirect_uri=https://zzzz.org/

Si ce n'est pas déjà fait inscrire votre user dans le groupe fuse pour ne pas avoir à passer par root:
:~$ sudo adduser $USER fuse

Créer un point de montage. Par exemple dans /home/user
:~$ mkdir hubic

Monter ensuite le site distant en local. À noter que contrairement à ce qui est écrit dans le Readme je n'ai pas pu utiliser l'option allow_other et cela même en modifiant /etc/fuse.conf. Je n'ai d'ailleurs pas compris son utilité. Donc pour le montage

:~$ hubicfuse  ~/hubic -o noauto_cache,sync_read

On vérifie :

:~$ grep hubic /etc/mtab
hubicfuse /home/cep/hubic fuse.hubicfuse rw,nosuid,nodev,relatime,user_id=1000,group_id=1000 0 0

Il n'y a pas de man pour le moment mais on peut voir les options par la commande hubicfuse -h

Pour démonter un simple :

:~$ fusermount -u hubic

Pour les restrictions et bugs voir https://github.com/TurboGit/hubicfuse

* * * * * * *

En complément une méthode de compilation pour Ubuntu 12.04

Sur une Ubuntu 12.04 j'ai essayé de compiler le programme comme quelqu'un me l'avait demandé mais je me suis heurté là aussi au problème des librairies json. Par contre sur github est prévu un zip de hubifuse pouvant être compilé avec les versions json* disponibles sur Ubuntu 12.04

Procédure de compilation :

On installe les paquets nécessaires :
:~$ sudo apt-get install build-essential libcurl4-openssl-dev libxml2-dev \
   libssl-dev libfuse-dev libjson0-dev pkg-config unp fuse-utils

On récupère hubicfuse pour les vieilles lib json :
:~$ mkdir build

:~$ cd build

:~$ wget https://github.com/TurboGit/hubicfuse/archive/old-json.zip

On décompresse :
:~$ unp old-json.zip

:~$ cd hubicfuse-old-json/

:~$ ./configure

:~$ make

:~$ sudo make install

Pour le reste pas de changements concernant l'utilisation, on continue la procédure décrite plus haut, on ajoute l'user dans le groupe fuse et on poursuit le montage dans le dossier créé.

cep

Votre régime minceur, perdre 2200 articles en à peine 3 semaines !

Rédigé par Cyrille BORNE - -

Voilà c'est fait j'ai purgé la base. Le moins qu'on puisse dire c'est que je n'ai pas fait dans la dentelle, il reste sur les 2500 articles initiaux, 300 dans cette nouvelle ancienne nouvelle formule du blog. Cela reste tout de même inexact, de nombreux billets cinéma ou bédé ont été condensés comme vous pouvez le constater avec certaines tartines interminables, je pense qu'en tout j'ai dû récupérer 400 à 500 articles. Le blog démarre désormais en octobre 2008 par une série de billets intitulés le voyage. En juillet 2008, je fais un premier voyage en Lettonie pour rencontrer mes enfants, et les ramener en France. La procédure étant ainsi faite, je pars seul au mois d'octobre pour valider le jugement d'adoption, 30 heures de voyage avec un Asus EEE 701 dans lequel je raconte mon passé sur Abiword, par rapport à l'endroit où je suis, mon arrivée à Paris, puis mon départ du Cantal. Je me débrouillais pour poster les messages sur le blog à chaque fois que je trouvais un hotspot. C'est ce type de billet que j'ai conservés, ils ont gardé toute leur force, c'est souvent quand je parle avec mes tripes que je suis le meilleur. J'ai conservé aussi les billets culturels, ils sont globalement intemporels, j'ai viré le reste.

Louis Roger Auclair, qui fait partie de mon fan club, peut être mon plus grand fan d'ailleurs, me disait que j'aurai dû tout laisser car c'est un témoignage du passé, j'évoque en effet des configurations d'une autre époque, il y a cinq ans, d'autres tarifs, des technologies désuètes. j'ai toujours la base, je ferai peut être le complément à titre historique, mais pour le moment, je préfère regarder vers l'avant en m'appuyant très fortement sur ce que j'ai fait en arrière pour ne pas refaire les mêmes erreurs.

  • Je ne ferai plus de billets de veille, j'ai remarqué que je les avais souvent écrits pour écrire, dans les premières années surtout et je reconnais bien là un syndrome que j'ai pu avoir, la peur de laisser la page du blog vide, l'obsession d'écrire toujours quelque chose pour montrer que c'est vivant. N'ayant absolument aucune volonté de bien faire, n'ayant aucun objectif de statistiques, m'étant totalement suicidé d'un point de vue réputation pour certains et dans le référencement, ce blog n'est qu'un pur plaisir sans aucune aucune obligation. La veille sera désormais répartie entre le forum et dans diaspora*, le forum c'est bien, ça le fait vivre, diaspora* ça le fera un peu vivre aussi, je trouve que le réseau social se dégrade, après la phase bon enfant, la phase je suis liiiiiibre, la phase révolution, la phase dessins débiles, nous sommes actuellement dans la phase je fais mes annonces pour faire la pub de mon blog ce qui ramène diaspora* aux autres réseaux sociaux, un outil pour blogueur.
  • Je ne mettrai plus mes cours en ligne. Des milliers de téléchargements par mois pour les pdf qui étaient avant dans la section documentation, je sais que de nombreux enseignants utilisent les cours que j'ai pu faire à l'époque notamment pour le module MG1 de communication, que même des enseignants de bahuts voisins les utilisent, j'attends encore le retour, le merci éventuel, les remarques. Se pose de plus le problème de copyright, j'ai utilisé des images sans me poser de questions comme je le fais régulièrement ici d'ailleurs, mes documents en CC-BY-SA ça sous entendrait que les images le sont aussi, c'est un tort je sais, il faut que je me force à prendre des images libres. Dernièrement Christophe a essuyé un épisode de ce type, je comprends qu'on puisse ne pas être content quand on est l'auteur, le Figaro a utilisé des photos qu'il avait faites sans même le citer. Rajoutons à cela que je ne suis pas motivé pour maintenir des cours que je n'enseigne plus et vous avez un ensemble de raisons qui font que vous ne trouverez plus de pdf tout fait à télécharger.
  • Désormais la documentation se trouve dans le forum, et je réfléchis à dissimuler ce forum pour ne le faire apparaître qu'aux inscrits, faut que j'en parle avec Cep qui sera ravi de découvrir en même temps que vous et moi mes perspectives. Que moi, car comme à mon habitude, j'écris à haute voix, les idées arrivant au fur et à mesure. Le très solide forum de partage des enseignants de sciences physiques a une démarche que je trouve plutôt raide mais assez intéressante. Le partage de documents est ainsi fait, si on veut avoir accès aux publications des collègues, on doit soi-même diffuser sur le forum un document en Creative Common original. Jamais vous ne verrez autant de cours partagés de façon collaborative sur la toile. Sans réclamer de quelqu'un, notamment un débutant qui ne peut pas apporter quelque chose à cet édifice complexe qu'est Linux et le logiciel libre, passer de simple leecher à membre identifié, c'est un pas. Il ne s'agit là que d'une réflexion, sachant que c'est Cep qui fait vivre la section, je me fierai à son avis comme souvent (papa !!!). Vous noterez quand même le gars bien aigri qui ferme tout, les commentaires, la doc, on verrait le retour de la pub arriver ça n'étonnerait personne.
  • Je vais accentuer l'effort de communication et d'intégration afin de mettre en avant ce que font mes collègues. Par exemple Alterlibriste évoque un Noël plus libre, en faisant remarquer qu'il n'était pas dans l'obligation de tomber dans le réflexe de Pavlov et d'acheter tout chez Amazon dont je vous invite à lire l'actualité particulièrement chargée. Personne ou je n'ai pas vu, n'a évoqué son billet et pourtant cela rejoint complètement ce que j'écrivais quant à l'hypocrisie du monde libre. La sensation c'est qu'importe le hardware, sa provenance, pourvu qu'on y mette un système d'exploitation libre. Notre réflexion ne peut s'arrêter au logiciel et aller plus loin, les conditions de travail des gens qui nous livrent par exemple en font partie. Dernièrement Philippe m'a dit qu'il aimerait faire revivre le planet-libre qui vivote, cela passe par le recrutement de nouveaux blogueurs déjà dans la place, susciter des vocations pour écrire je pense aussi, je ne manquerai de donner un coup de main pour alimenter à titre personnel, et pour trouver des candidats. Après le four que je me suis pris avec le blog-libre, l'expérience du collaboratif m'a calmé, le planet-libre malheureusement / heureusement est la réponse à nos caractères, nos individualités, il est nécessaire qu'il survive.
  • J'ai perdu énormément de temps dans les polémiques, les billets de réponses aux réponses qui se répondent, fini le temps des justifications, je continuerai à poser ici ou là ce qu'on considèrera comme une polémique, ou un troll le mot à tout faire, alors qu'il s'agit du simple fond de ma pensée. J'en ai relu quelques uns, c'est plus marrant à écrire qu'à relire, je comprends que ça gave le lectorat puisque ça me gave moi-même alors que j'en suis l'auteur.

Voilà, je pense que globalement j'ai fais le tour, je remercie toutes les personnes qui ont pu et su me contacter durant cette période, connues et moins connues pour m'avoir encouragé à continuer dans ma démarche de blogueur "solitaire". Pas que j'avais besoin d'encouragements mais disons que ça a confirmé que la décision de sabordage que j'ai prise était la bonne. Au delà de l'échec de blog-libre, mon plus grand regret c'est d'être de retour à la case départ, avec le même problème. Ce blog, ce qui est construit, ce qui sera construit autour, cette vitrine publicitaire du logiciel libre et son emploi dans l'éducation disparaîtra avec moi. Si on avait réussi à monter une institution collective, j'aurai pu mourir tranquille en me disant que le combat continue. Les défenseurs du logiciel libre, de ce modèle avant tout collaboratif, devraient quand même prendre le temps de s'interroger sur ce qu'ils sont prêts à sacrifier pour cette fameuse cause. A voir les combats stériles, les problèmes d'égo, j'ai pu étudier une partie de la question pour vous, et la réponse est sans appel : pas grand chose.

Bonne continuation sur le blog de Cyrille BORNE, l'aventure continue vers l'infini, pas vers l'au delà sauf si Dieu me laisse bloguer du paradis.

bédés - 2013

Rédigé par Cyrille BORNE - -

Sanctuaire est une bande dessinée de Dorison et de Bec qui sont tout sauf des débutants de la bande dessinée, on doit notamment au scénariste des bédés comme le troisième testament ou Long John Silver, du lourd donc. L'histoire terminée au bout de trois tomes nous raconte les péripéties d'un sous marin nucléaire américain et de son équipage qui découvre un sous marin russe datant d'un bon moment qui a été coulé par les membres d'équipage, à bord une bien étrange statue. Assez rapidement on réalise qu'il n'y a pas que le sous marin mais carrément le temple d'une civilisation perdue. Les marins à bord commencent à perdre les pédales, hallucinations, au point que le chef des machines plante le sous marin et qu'il est nécessaire d'aller trouver une issue dans le temple où se cache quelque chose de vraiment, vraiment pas joli. Sanctuaire est une bande dessinée au style parfaitement maitrisé, et dans l'histoire et dans le dessin, des flashbacks, des vrais hommes, du mystère, une sale bête façon Alien qui se dissimule dans le temple comme on peut s'en douter. J'aurai tendance à écrire que trop de maitrise tue la maitrise, aucune place à la surprise ou à la spontanéité dans cette bédé pour une bédé trop classique à la fin trop largement prévisible.

Tiens en parlant de l'envie d'être surpris avec Les Démons d'Alexia on est plutôt servi. Il s'agit d'une bande dessinée en 7 tomes qui serait arrêtée d'après ce qu'on peut voir dans Wikipedia mais aussi à la fin du septième tome où Alexia dit qu'elle a besoin de longues vacances qui raconte les aventures d'Alexia une jeune femme qui est exorciste d'un côté mais qui a la particularité d'être la descendante de Sarah Perkins, une sorcière. C'est assez étonnant comme bédé, le style graphique fait penser à ce qui se fait de plus classique dans la culture franco belge, les premières pages de l'histoire d'ailleurs sont nunuches à souhait. Et puis d'un coup, on pose les bases d'une histoire complexe avec son lot de mystères, de traitres. Alexia est embauchée pour travailler au C.R.P.S. (Centre de Recherche des Phénomènes Surnaturels), à l'intérieur de ce bâtiment une aile interdite où en 1985 tous les scientifiques ont été tués, il est impossible d'entrer dans cette zone sans mourir de façon immédiate. Qui est donc ce mystérieux Paolo qui vit dans les sous sols et qui dès son arrivée cherche à tuer Alexia ? Pourquoi l'ancien directeur artificiellement maintenu dans le coma est-il le seul survivant de la catastrophe ? Quel est ce monde parallèle dont la porte d'entrée serait dans l'aile condamnée, autant de questions auxquelles vous aurez toutes les réponses. Les démons d'Alexia c'est une excellente bande dessinée qui aurait pu être encore meilleure, il y a parfois la frustration dans cette bédé très adulte avec des morts très violentes y compris de personnages centraux et des trahisons de découvrir des passages extrêmement niais, on aurait voulu encore plus je pense. A lire d'urgence.

Attila professionnel du jardinage s'approche dangereusement de Rome, suffisamment en tout cas pour que les romains viennent lui offrir de nombreux présents afin de ne pas se faire tomber dessus. Parmi les cadeaux une louve ou disons une femme habillée en louve et qui se comporte en tant que tel. Intrigué au départ, Attila voit dans cette femme un objet sexuel et de divertissement jusqu'à ce qu'il réalise qu'elle possède des talents de stratège totalement insoupçonnés et qu'elle va lui permettre de conquérir bien plus que ce qu'il convoité et pourquoi pas Rome ? Mais qui est donc cette femme louve d'origine romaine, qui a tant de connaissances, et pourquoi aide-t-elle Attila dans sa conquête contre son propre peuple ? Hummmm je me le demande. On retrouve Mitton à qui l'on devait déjà Vae Victis et les deux séries sont assez similaires, sexe, conquêtes, girl power, trahison et ainsi de suite. La série est achevée en six albums, pas désagréable, pas indispensable non plus.

Fantômes blancs se situe au début du XX° siècle François et Maxime deux amis d'enfance retournent à la réunion sur la propriété de leur enfance, le premier descendant des esclaves, le second, doux rêveur passionné par les sciences, ont grandi comme deux frères. Arrivé sur place Maxime décide de se lancer dans la construction d'une machine volante, pendant que le second se retrouve embarqué dans une bien curieuse histoire. Deux frères un peu escrocs lui demandent de retrouver un trésor caché dans la maison quand chaque soir un fantôme de pirate vient lui raconter son histoire d'amour qui l'a conduit à la mort. En deux tomes, fantômes blancs est un bien joli voyage, positif sans jamais être niais, bien écrit, un trait classique mais de qualité, une excellente bédé.

Un gamin sort de l'école accompagné de ses deux gardes du corps, un vieil homme le kidnappe, ce vieil homme c'est Javier, un vieux fou ! Javier est un ancien de la lutte anti-franquiste et de l'ETA, malheureusement ce n'est pas le type de métier qui permet de payer une retraite, avec une bonne rançon, il s'imagine couler des jours heureux. Malheureusement ce que n'avait pas prévu Javier c'est que l'ado en question est le fils d'un des mafieux les plus influents du pays, tout de suite les choses vont prendre un autre tournant d'autant plus que l'homme et le gamin vont se lier d'amitié pour gagner à eux deux un maximum d'argent. Vieux fou ! aurait pu être un One Shot mais les aventures de Javier continuent, après avoir réussi son coup, désolé pour le spoil il coule des jours heureux en bord de mer, cette retraite tant désirée, des jours trop heureux, et c'est ainsi qu'il se décide à braquer le casino. Vieux fou est une bédé bon enfant, les ficelles sont souvent un peu grosses mais on se laisse prendre au jeu pour un agréable moment de lecture.

J'avais évoqué la bédé Asphodèle lors de mon billet sur l'univers des stryges. Il s'agissait des aventures d'une jeune femme super medium, la plus grande sorcière du monde en fait pour des raisons que l'on ne peut dévoiler sans spoiler qui cherchait à libérer son fiancé d'un stryge. On retrouve Asphodèle dans une bien curieuse histoire, une jeune femme se présente à elle et serait victime d'une possession, une sorcière du moyen âge essaie de s'incarner en elle, elle cherche comme on peut s'en douter à s'en libérer. Elle n'en aura pas le temps puisqu'elle se fait assassiner. Parallèlement à cet évènement, Asphodèle est invitée par une assemblée de magiciens qui lui présente une vidéo pour le moins inquiétante, une assemblée de magiciens se faisant assassiner. Asphodèle commence à mener son enquête et c'est sans surprise qu'on découvre que les deux affaires sont liées, des individus appliqueraient La Loi des XII tables, un édit écrit au moyen âge et visant à l'éradication de la sorcellerie. Alors que la première série me paraissait particulièrement décevante, le niveau est bien meilleur ici. Des trahisons, du mystère, des rebondissements, du bon cliff hanger, on tient là une bande dessinée solide autant au niveau du dessin que du scénario bouclée en six tomes.

Au XVI° siècle des anatomistes sont tués dans des circonstances plus ou moins étranges, assez rapidement Ambroise Paré chirurgien du roi se retrouve dans l'affaire, une affaire pour le moins compliquée, très compliquée. La licorne est une bande dessinée très complexe, certainement trop complexe dessinée par Jean et scénarisée par Gabella, une vraie claque graphique. Au niveau de l'histoire, on n'est pas du tout dans la simplicité. Paré et sa bande de copains découvrent que l'homme depuis un siècle est modifié, on ne sait pas trop pourquoi mais on sait que l'église est dedans. Nous de notre côté on découvre que les anatomistes fréquentent ce qu'on appelle des primordiaux, des êtres qui ont la possibilité de recomposer leur corps à partir d'éléments récupérés sur des cadavres par exemple. Les primordiaux ont une origine qui remonte aussi loin que l'humanité et correspondent en fait aux animaux mythologiques, le basilic, le centaure etc ... et la licorne bien sûr qui aurait la possibilité de sauver toute l'humanité. La licorne est une bande dessinée très bien dessinée, qui a du rythme, de l'action, de sacrés rebondissements qui aurait pu être un must one si on n'essayait pas de noyer le lecteur dans de trop nombreux détails. A l'image de son dessin, l'histoire est riche, peut être trop et c'est nuisible pour la compréhension au point qu'il faille relire la bédé plusieurs fois pour être sûr d'avoir tout saisi ... sans certitude.

La guerre éternelle est une bédé de Marvano et Haldeman qui raconte la guerre que mènent les hommes et les taurans dans le futur. Il s'agit d'une bédé en trois tomes, adaptée du livre d'Hadelman justement, une histoire qui tient particulièrement la route et qui a forcément un sens différent quand on sait que les deux auteurs sont des vétérans du Vietnam. D'ailleurs à l'ouverture du premier tome vous avez quelques pages où Marvano et Haldeman se racontent, Vietnam compris. La particularité de la bédé c'est qu'elle tient compte d'un facteur auquel on ne pense pas nécessairement, les décalages temporels. Lorsqu'un combat se situe à plusieurs années lumières, les choses évoluent, les technologies évoluent, les évènements aussi. On a donc un conflit qui va s'étaler en vrai sur 10000 ans pour l'humanité mais qui pour les principaux protagonistes ne durera que quelques années. La bédé insiste sur l'absurdité de la guerre bien sûr, la presse et la censure, mais aussi sur le décalage que vont ressentir les vétérans face à une humanité qui évolue à grande vitesse. Amusant, alors que nous sommes en plein débat sur le mariage homosexuel, l'intégralité de la planète est devenue gay, sacrée anticipation tout de même. La guerre éternelle est un must, trois tomes pour tout dire, c'est fait et bien fait, à lire d'urgence.

On connait le tandem Pont et Abolin pour un "coup" comme on dit, à savoir "où le regard ne porte pas", un diptyque sur la réincarnation, l'amitié, l'amour mais c'est une autre histoire. Leur première collaboration si on ne tient pas compte de l'anecdotique bande dessinée sur le présentateur / producteur Arthur, c'est Kucek une histoire de pirates en trois tomes à caractère humoristique. Le capitaine Kucek est un pirate de seconde zone, plaintif, peureux, qui a peu de réussite comme on peut s'en douter, le looser de la piraterie. Il se trouve en fait qu'il est l'heureux héritier d'un riche homme qui vient de décéder, il ne le sait pas. On le recherche d'un côté pour qu'il prenne ses terres, de l'autre pour qu'il ne les prenne pas et qu'un autre puisse en jouir, un tyran en l'occurrence. De l'aventure, de l'humour, un dessin tout à fait honorable qui fait cartoon, des personnages assez intéressants, Malibu notamment à l'allure brutale qui pourtant est le cerveau du tandem qu'il forme avec son capitaine et dont il écrit des mémoires embellies dans lesquelles on découvre que Kucek vaut peut être un peu plus que ce qu'il en a l'air. Kucek est un très bon divertissement.

La forêt est une bande dessinée qui à l'époque de sa sortie a fait parler d'elle pour la simple et bonne raison qu'au scénario on trouvait Vincent Perez l'acteur. Oh Vincent que tu es beau, mais que viens-tu faire dans le monde de la bande dessinée, c'était un peu la question qui brulait les lèvres en 2007. Du point de vue du dessin, il faut dire que Vincent qui est beau a largement joué la carte de la sécurité puisqu'il n'a pas pris un manche mais l'un des dessinateurs les plus solides de sa génération, Tiburce Oger qu'on a connu pour la série Gorn. C'est d'ailleurs dans un univers médiéval fantastique que nous plonge Vincent (que tu es toujours beau), et le moins qu'on puisse dire c'est que Oger ne s'est pas fait violence pour renouveler son dessin, ça reste toujours aussi magnifique mais avec un large parfum de déjà vu, jusqu'aux fantômes. Le contexte du premier tome, c'est Merlin, Viviane, l'Ancou, tout ça, une princesse promise à un mariage qui disparait dans une forêt maléfique, une expédition de trois hommes qui veulent entrer dans la légende pour aller à son secours. La princesse néanmoins, dissimule un terrible secret, oh la la la, j'ai peur. Les trois tomes suivants sont du même acabit, on n'est pas dans la révolution scénaristique, au contraire. Le principal défaut de la bédé c'est certainement son manque de rythme, on s'ennuie ferme, de là à écrire que le scénariste devrait revoir sa copie et retourner sur les planches du théâtre, il n'y a qu'un pas que je franchis. Ne voyez pas ici un procès d'intention, une forme de ghettoïsation de la bande dessinée où il faut en être pour avoir le droit de participer, qui interdirait des individus d'un autre art de se lancer, il s'agit simplement ici d'un jugement que je porte sans m'intéresser à savoir qui l'a écrite, la forêt n'innove en rien, n'est pas efficace, est longue ce qui se voit au nombre de planches qui dépasse les 60 par tome, est parfaitement dispensable.

La bédé c'est effectivement un style qui ne s'improvise pas et on reconnait assez facilement les spécialistes, Ange, le tandem de scénaristes contraction de Anne et Gérard (tout de suite moins rock and roll) sont des auteurs assez prolifiques à qui l'on doit par exemple la geste des chevaliers dragons, une série composée uniquement de one shot. L'exercice du one shot est certainement l'un des plus difficiles, il faut avoir tout dit en moins de 60 pages. C'est donc sans surprise que la cicatrice du souvenir une aventure finie en trois tomes nous entraine dans une histoire sans répit, qui nous met dans l'aventure en même pas une planche. Deux hommes et une femme sont réunis autour d'un feu dans un endroit glacial où l'on abandonne les prisonniers, Erkor l'un d'entre eux se présente comme le neveu déchu du roi, un roi qui aurait eu peur de la popularité de l'homme et qui l'aurait donc exilé. Il explique à ses deux compagnons qu'il va se venger et remonter sur le trône. Sur le papier on part effectivement sur du classique et c'est le cas, et puis au bout d'un moment on dérape dans la surprise que je ne pourrai vous dévoiler sans casser l'intrigue. Le scénario est solide, le dessin un peu moins, on alterne du bon et du moins bon, certaines planches sont très intéressantes, je pense notamment aux cauchemars de Sylvan le magicien, les scènes de bataille quant à elles sont largement moins réussies. Malgré son dessin un peu faiblichon, une très bonne bédé qui se dévore rapidement.

La croix de Cazenac fait partie des choses les plus bizarres que j'ai pu lire dernièrement, un scénario complètement abracadabrantesque comme aurait dit notre bon président Chirac. L'action se situe durant la guerre de 14 - 18 et après, dans la famille Cazenac qui m'a permis de faire mon meilleur jeu de mots du mois de mais. Il ne s'agit pas ici d'un terrible secret financier de 600.000 € mais d'un secret de famille bien gardé entre le père et le fils ainé, Henri dont on apprend la mort sur le front. Etienne qui devait entrer dans les ordres se retrouve propriétaire d'un mot sur lequel figure "Cible soixante" et d'une mystérieuse croix que tout le monde cherche à s'approprier. Contre l'avis de son père il part sur le front et pour un futur prêtre tout le monde s'étonne un peu, Etienne fait un véritable massacre, se lance à cœur perdu dans la bataille, et rien ne semble l'atteindre, comme s'il était possédé par quelque chose. Et c'est bien le cas en fait, Étienne est un chaman, ce sont des choses qui arrivent, son totem n'étant pas l’huître mais l'ours. Alors que c'est la guerre mondiale, que tout le monde s’entretue, Étienne va devoir trouver les autres croix appartenant chacune à d'autres chaman pour ouvrir une cité interdite. Comme vous pouvez le voir c'est quand même particulier, rien que dans la partie espionnage, embrouille histoire de coucherie et de tromperie, il y avait de quoi remplir les 10 tomes de la série finie de Pierre Boisserie et Éric Stalner et au départ on se demande réellement où cela va. Il s'agit, je pense d'une bédé à lire sans trop se poser de questions, il suffit de se laisser emporter à l'instar de ces grandes sagas qu'on pouvait voir à la télévision pendant l'été à l'époque, ne pas trop réfléchir, se laisser porter par l'action et par l'émotion, une fois ce postulat posé, on a là un très bon moment de lecture.

Lothar et Tonto sont les robots serviteurs du Méta-baron, le plus grand guerrier de la galaxie. Le Méta-baron est parti on ne sait où et les deux robots vaquent à leurs occupations traditionnelles, préparer le repas du maître qui ne rentre pas. Lothar s'ennuie et demande à Tonto qui est au service des Méta-barons depuis toujours, de lui raconter l'histoire de la caste des Méta-barons ou comment on en est arrivé là. L'histoire commence avec Othon un pirate reconverti qui a épousé une fille Castaka. La famille Castaka possède trois choses : des roches dont on fait les palais et qu'on achète de l'autre bout de la galaxie, un code d'honneur, le Bushitaka qui n'est pas sans rappeler le code du Bushido, un curieux secret que personne n'explique, à savoir comment des gens qui utilisent des outils primitifs font pour déplacer des tonnes de caillasse. Et là c'est le drame ... Othon se fait écraser par un rocher, la seule façon de le sauver c'est d'utiliser le secret, une huile mystérieuse qui permet d'annuler la gravité. Le secret est alors révélé, les Castaka opposent une résistance farouche face aux envahisseurs qui veulent récupérer le secret, mais c'est en vain, le secret est finalement vendu à l'empire, Othon va devenir très riche avec les ventes réalisées et accessoirement le premier Méta-baron, le champion de l'empire. Les huit tomes de la caste des Méta-barons sont taillés de la façon suivante. Un méta-baron qui doit tuer son père arrivé à l'adolescence certainement parce qu'il subit une mutilation de son géniteur à l'enfance, une histoire d'amour passionnée, un empire sauvé. Le dessin de Gimenez est complètement époustouflant, c'est l'une des plus belles séries de la bande dessinée franco-belge, au niveau du scénario alors que Jodorowsky est quand même le type le plus bizarre de l'humanité on a une histoire très carrée, très inspirée qui se place très très haut dans les séries de sciences fictions tout support confondu, un space opéra phénoménal.

Notre histoire démarre avec un type qui vient assassiner son ancienne fiancée, son but c'est de faire disparaitre les traces de son ancienne vie, ce qui intrigue c'est cette photo qu'il trouve, une photo dans laquelle il apparait plus vieux, plus gros. Après avoir fait sa petite affaire, il prend sa belle voiture de course et va donner un concert, car il est une superstar, un chef d'orchestre reconnu, adulé. Alors pourquoi est ce qu'un homme qui a tout a besoin de faire disparaitre des traces d'une ancienne vie, et bien peut être parce qu'à un moment donné, un soir, sur une aire d'autoroute appelée la maison dieu sa vie et celle de huit autres personnes ont changé, des gens vulgairement ordinaires, mal dans leur peau, ils sont devenus des êtres extraordinaires avec des supers pouvoirs. Bien sûr les supers pouvoirs ça suscite la jalousie, ça suscite la peur, et c'est ainsi que les gouvernements vont s'intéresser à leur cas, la guerre est déclarée. Présentée sous la forme d'une intégrale de cinq tomes, la maison dieu est une histoire qui tient la route et par le dessin et par le scénario. Le suspense d'une part quant à la traque organisée, la découverte des protagonistes et surtout comprendre ce qui s'est passé sur cette fameuse aire d'autoroute ce soir là sont autant d'éléments qui tiennent le lecteur en haleine. Une bédé presque parfaite, seule sa conclusion est "ratée" on aurait espéré autre chose de moins conventionnel.

Dans la période Richelieu les mousquetaires tout ça, trois hommes sont interrogés à propos d'une jeune femme, Hauteclaire, trois hommes pour trois histoire, trois tomes pour une histoire finie. Ce qui ressort de commun entre les trois récits c'est qu'il s'agit d'une femme magnifiquement belle qui fait tourner les têtes, qui manie l'épée à merveille et qui aurait hérité une d'une école d'escrime de son père, un ancien épéiste de renom. Dans le premier tome, un médecin pose les bases de l'histoire et du personnage, il raconte sa liaison avec un comte puis la disparition de la jeune femme pour la retrouver curieusement au service de l'épouse de celui-ci ... Mystère ... Que va-t-il se passer ? Dans le second tome on retrouve le même personnage mais non seulement elle est maître d'épée mais aussi maîtresse de nombreux hommes, elle est courtisane. Elle se donne donc à de nombreux hommes dont un comte qui ferait penser au précédent mais qui n'est pas exactement lui et serait la maîtresse d'un homme du nom de Didier, plus ou moins un vagabond. Une rivalité évidente va les opposer ... Mystère ... Que va-t-il se passer ? Enfin dans le troisième tome un mousquetaire du nom de Didier, Didier comme le second tome (? ), vient enquêter sur un mystérieux tueur en série. Il découvre assez rapidement Hauteclaire, et son amant un mystérieux comte qui porte presque le même nom que les albums précédents. Et si le mystérieux tueur en série avait un lien avec la si belle Hauteclaire ? Mystère ... Que va-t-il se passer ? La série Hauteclaire se qualifie de thriller historique, c'est vrai, une série bien dessinée, finie, avec un vrai dénouement en sucette à la française comme on pouvait s'y attendre avec les discordances dans les histoires des trois hommes, dommage.

Hardland c'est un peu le pays enchanté qui aurait mal tourné. La magie a disparu, les assassinats sont monnaie courante. Nos deux héros sont un couple à la ville, policiers de leur état, une fée qui ne vole plus et un elfe un peu rachitique. Un soir au commissariat vient se présenter un curieux personnage, un sanglier qui vient confesser des meurtres qu'il n'a pas encore commis mais qui vont bien se produire. Alors que le sanglier est bien en cage, la première victime, la gorgone qui se prostitue se fait assassiner, étranglée avec un de ses propres serpents, nos deux héros mènent l'enquête pour une résolution à la fin du premier tome. Dans le deuxième opus, c'est le Hachemor qu'il faudra affronter, un minotaure indestructible qui s'occupe d'une petite fille dont il a tué les parents, pas bien difficile d'ailleurs puisqu'il tue tout le monde. Enfin pour le troisième et dernier tome, où il sera question du dernier anneau contenant de la magie dans le monde. Pas déplaisant ce Hardland, graphiquement assez inégal, avec du médiocre et du vraiment excellent, très gore, un univers assez amusant où l'on salit les codes de la fantasy, des rebondissements, des surprises, à lire.

Notre histoire démarre après la première guerre mondiale, Lawrence un archéologue se lance à Jérusalem sur les traces des Haschichins, la fameuse secte des assassins qui inspire les bons jeux vidéos. La faute à pas de chance ils sont encore bien dans la place et ils le tuent. Seulement tout ne se passe pas comme prévu, il revient à la vie, voici le terrrrrrrrrrrrible secret des assassins, ils ont trouvé le moyen de revenir, ne suit pas la lumière !!! Les allers retours ne sont pas si nombreux qu'on le pense et chaque homme a un nombre de vies limitées, symbolisées par une porte. Les assassins vivent reclus depuis des siècles à Jérusalem, ils ont besoin de Lawrence pour emmener avec eux leur secret, pour comprendre le monde. Lawrence rentre dans une campagne qui ne nous est pas narrée mais on sait qu'il deviendra tout de même Lawrence d'Arabie, rien que ça. C'est de nombreuses années plus tard qu'on le retrouve avec Sâhir un enfant assassin qu'il a recueilli et qui est devenu un jeune homme qui tue très bien comme tout bon assassin. Ce que nos deux compères ne savent pas c'est que la vie bien tranquille qu'ils espéraient en Angleterre va être gâchée par les nazis, toujours eux décidément. Hitler en 1935 alors qu'il est en train de prendre le pouvoir en Allemagne, il va tout faire pour s'emparer du secret des Assassins et réussir, nos amis n'auront d'autre choix que de tuer autant de fois que nécessaire Hitler et tous ceux qui connaissent le secret. Complètement décomplexé, très bien dessiné, Assassin est un diptyque qui insère dans l'histoire qu'on connaît, une autre totalement abracadabrantesque mais qui ravit le lecteur tant c'est animé et bien pensé avec des surprises jusqu'à la dernière planche. Du très bon.

New-Messiah.com démarre sur une idée assez originale, alors que notre monde va mal, que c'est la crise, la guerre, que Gérard Depardieu quitte la France, une énorme partie de l'humanité toutes religions confondues reçoit un spam annonçant l'arrivée du messie par le web, le fax, SMS, enfin bref tous les moyens de communication actuels. C'est tellement énorme, on ne sait tellement pas d'où ça vient, c'est tellement la crise que les gens ont envie de croire. Alors qu’apparaît un individu du nom de One, personnage charismatique qui se présente comme le porteur du message, que les gens y croient de plus en plus, Michael Yauch, un blogueur (les meilleurs) mène l'enquête pour trouver les relations entre ce nouveau messie et new-messiah.com un organisme occulte qui tenterait de récupérer le phénomène. Diptyque publié aux éditions paquet, avec un dessin plutôt classique qui n'est pas sans faire penser à celui de Marvano à qui l'on doit entre autre la guerre éternelle, l'histoire intrigue. Le récit est mené de façon assez intelligent puisque d'une part on comprend qu'il y a quand même une énorme magouille, un plan, qu'il y a bien quelque chose autour de One, mais le personnage sait des choses que les autres ne savent pas, ce qui maintient en permanence le lecteur dans l'interrogation qui est la suivante : vaste complot ou Dieu utilise-t-il les nouvelles technologies pour annoncer son retour sur terre ?

Valérie Mangin à qui l'on doit le dernier troyen ou le fléau des dieux a pris pour habitude de jouer dans ses livres avec l'histoire. Jusqu'à maintenant l'auteur avait transposé des récits historiques dans le futur, elle joue avec Luxley sur l'anachronisme. En 1100 et des poussières alors que Robin des bois se fracasse joyeusement avec le prince Jean, un événement qu'on attendait pas les incas débarquent. Oui les incas. Le grand inca en chef a eu une vision, il voit débarquer les conquistadors des centaines d'années plus tard pour oppresser son peuple, plutôt que d'attendre patiemment l'invasion, il préfère prendre les devants et conquérir l'intégralité du monde. Le postulat est donc comme on peut le comprendre assez intéressant, et c'est à partir de cette idée qu'on va dériver, une couche de pouvoirs paranormaux en plus pour les visions des incas. Valérie Mangin présente donc Luxley alias robin des bois comme personnage de résistance bien sûr mais qui au contact d'un inca sorcier se révèle posséder à son tour des pouvoirs qui lui permet d'empêcher l'envahisseur de prédire l'avenir, un peu le nerf de la guerre dans cette série. Elle pousse le bouchon assez loin puisque les chrétiens iront jusqu'à chercher Saladin pour venir à la rescousse, une forme d'alliance impossible quand on sait que les croisades sont récentes. Au niveau du dessin c'est Francisco Ruizge aux commandes, un auteur qui tient bien sa bédé, quelques faux airs de Laurent Vicomte de ballade au bout du monde notamment dans le visage du prêtre Adam. En cinq tomes, il s'agit d'une bédé originale, avec cet univers si étrange on ne sait pas où l'auteur veut nous emmener et c'est tant mieux.

Les fils de Rôme est une bédé bizarre, en cinq tomes finis qui raconte l'histoire de Luca un étudiant en histoire italien qui rencontre une jeune femme avec une étrange tête de loup, un accouplement plus tard le voilà qui se réveille à l'époque de César, c'est encore plus fort que le septième ciel. Assez rapidement il se rend compte qu'il est au cœur d'un combat opposant les fils de Rémus aux fils de Romulus, les fils de la Louve avec Romulus qui a joyeusement cartonné son frère. Chaque tome est l'occasion pour Luca de se retrouver dans un nouvel épisode historique de l'Italie, Néron, la présence de Bonaparte, Mussolini et de livre son combat pour affronter le grand maitre à la fin. Le moins qu'on puisse dire c'est que chaque tome est bien mené, que la trame intrigue et on se demande où l'on veut en venir. Sans vous dévoiler la fin, la conclusion part un peu en sucette et n'est pas la libération qu'on aurait pu attendre, dommage, l'ensemble reste quand même plaisant à lire.

Classé dans : bédé - Mots clés : aucun

LazPaint

Rédigé par Cyrille BORNE - -

Cyrille Largillier pas assez connu à mon sens pour son action au sein du framasoft et éducative, m'indiquait dans diaspora* qu'il était possible comme équivalent de photofiltre d'utiliser le logiciel LazPaint que je ne connaissais pas. Lazpaint est un logiciel de retouche traditionnel qui intègre quelques filtres assez intéressants comme on peut le voir dans les quelques captures ci-dessous. A l'origine ce serait un logiciel conseillé pour remplacer kolourpaint4 ou pinta que j'utilise chez les plus jeunes. Le logiciel est en effet séduisant, néanmoins j'y vois deux gros problèmes. L'interface à la gimp ancienne version qui flotte ce qui n'est pas forcément convivial et le texte que je n'arrive pas à écrire. En fait vous voyez dans la capture que j'ai réussi à faire apparaître le contour mais pas l'intérieur. Je pars du principe que si je bute sur ce genre d'obstacles, les moins doués auront encore plus de difficultés. Néanmoins je jetterai un coup d'oeil pour voir comment il évolue, les logiciels de retouche facile ne sont pas légion sous Linux et par le fait méritent qu'on s'y intéresse.

Classé dans : Linux - Mots clés : aucun

Culpabilise moi

Rédigé par Cyrille BORNE - -

On a vu dans l'article sur la monétisation que parmi les sources de revenus les plus importantes pour les gens qui veulent laisser gratuit c'est la publicité. Malheureusement comme personne ne sait faire dans la demi-mesure, les sites internet ont largement abusé sur les quantités de publicité présentes sur les sites pendant que les internautes ont découvert les adblockeurs et ne laissent absolument rien passer. On m'a fait remarquer par mail que pour certains ce n'était pas tant la quantité de publicités qui étaient gênantes mais le fait d'être traqué par celle-ci qui posait problème, l'affaire Snowden étant passée par là. Je me permets de citer Alterlibriste dans ce commentaire laissé sur diapsora à propos de mon dernier billet : cette attitude est très ancrée dans nos traditions judéo-chrétiennes : on sent que bloquer les pub est un péché envers ceux qui ont fait le site et on se rachète en le débloquant pour les sites que l'on aime. Au départ le propos m'a fait marrer parce que mélanger la religion ou les traditions avec les adblocks, je trouvais ça un peu tiré par les cheveux mais avec le recul on est en plein dedans, la culpabilité :

Une culpabilité qui va se décliner sous plusieurs formes, l'humour, la pleurnicherie, le futur sombre et désormais l'agresse. Il n'y a pas que dans la pub qu'on adopte ce positionnement mais désormais dans le don.

Malgré ce que je lis sur la quadrature du net je n'ai jamais compris son action de façon palpable, vous m'excuserez c'est mon côté limité. L'april, par exemple cette année a fait au moins une pétition pour libérer les formats dans l'éducation qui a eu une certaine visibilité, Framasoft quant à elle avec sa campagne degooglisons-internet a été particulièrement relayée et suivie, il faut dire que les quelques permanents de Framasoft ont mouillé le maillot pour donner des interviews, on a vu la création de milliers de comptes framasphere, des gens tentent de se libérer de certains logiciels privateurs, de réseaux sociaux espions et peuvent le faire par les services que propose gratuitement Framasoft. La démarche n'est pas dans la culpabilité, la démarche est dans l'action, je suis désormais moi-même lié à framasoft par le biais de mon compte framasphère et je vais voir à poser un don plus régulier pour l'association qui m'offre ce service. Donc je ne sais pas ce que fait la quadrature du net, je ne sais pas ce que fait non plus l'Aful d'ailleurs, mais voici ce que pense de moi le président de la quadrature : Apparemment, à part les 2000 personnes qui ont déjà fait des dons à La Quadrature cette année, quel que soit leur montant, les autres ne sont pas au courant ou bien s’en foutent. Pourtant on a fait des efforts bien plus importants pour que vous le sachiez cette année. Si encore vous étiez occupés à diverses insurrections de l’esprit et du corps on pourrait comprendre, Mais non, c’est juste la déprime molle, les courses de Noël et profiter du réchauffement climatique à l’approche de l’hiver. Alors, il faut qu’on sache en tirer les leçons. L’internet raisonnablement libre, la capacité de chacun à s’y exprimer, à y créer son ou ses identités, à y tisser des liens et agir, les moyens d’échapper au moins en partie à la surveillance, la promotion des valeurs du partage contre l’économisme autiste, ce n’était qu’une manie pour quelque geeks mal dégrossis. Alors on se taille, on vous dira où dès qu’on saura.

La quadrature va mal, peine à boucler son budget, et il n'y a aucune remise en question de la part de son président quant à la visibilité de l'action, alors on préfère mieux faire la stratégie de la culpabilisation qui consiste à menacer de suicider l'association si elle n'obtient pas rapidement les ressources dont elle a besoin pour une action que je ne comprends pas. Le propos est quand même assez fort, sacré jugement de valeur qui revient à traiter les gens de gros cons sans engagement qui sont trop occupés par les courses de Noël. Ils vont être contents les gens investis dans les associations caritatives qui vont passer ce même Noël à donner à manger aux gens qui crèvent de faim ou ceux qui animeront la soirée auprès des gens seuls. Que penser du Téléthon où des millions de gens ont montré une action concrète pour vaincre une maladie qui fait mourir des milliers d'enfants chaque année. Je fais dans le pathos de façon volontaire, juste pour illustrer le fait que c'est facile de culpabiliser et qu'il y a certainement des causes qui méritent d'être davantage défendues que la quadrature du net. Agresser les gens pour avoir de l'argent, ça va marcher quelquefois mais pas éternellement, d'ailleurs ce coup-ci c'est encore passé, mais pour combien de temps encore ?

Le don évolue car aujourd'hui le don ne s'arrête plus à l'oeuvre charitable, le don entre en compétition désormais avec le projet qui se traduit par le crowfunding. On a vu apparaître mymajorcompagny qui a permis par exemple au chanteur Grégoire de se faire connaître, toi plus moi et tous ceux qui sont seuls écrites pour les utilisateurs de logiciels libres, un cas particulier puisqu'il y a eu retour sur investissement, et depuis c'est l'explosion du système. Tout le monde y va de son projet à financer, qu'il soit culturel ou de la création d'un objet, tout le monde en veut à votre argent, même les sportifs qui peinent à se financer. Je regardais ce joueur de tennis qui pour 200 € permet de taper la balle avec lui. Le cas du sportif est d'ailleurs intéressant, j'écrivais plus haut que j'avais besoin de palper l'action pour la comprendre mais aussi d'en mesurer l'efficacité. Le joueur de tennis, je le vois taper la balle, je vois s'il a du potentiel si je m'y connais un peu, et je me dis que j'aimerai bien que ce gars qui me parait plutôt sympa, qui a un bon coup droit, puisse tenter sa chance alors je vais payer.

Vous voulez mon argent, vous êtes désormais dans l'obligation de m'expliquer ce que vous allez faire avec. Seules aujourd'hui certaines institutions caritatives peuvent se permettre de ne pas avoir à justifier de leur action car elles sont tellement ancrées dans le patrimoine français qu'il parait évident qu'elles vont faire le bien avec l'argent qu'on leur donne. Quand on n'a pas cette aura, il est normal de se soumettre désormais à cette pratique pourtant si évidente, d'expliquer ce qu'on va faire de cet argent si rare et que tout le monde réclame.

Cep par mail me disait que je n'avais rien précisé sur le site quant aux éventuels dons sur la page, à propos du site, je viens de rajouter que j'acceptais le don en matériel pour faire des tests.